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" Tout comme les vagues peuvent retomber pour laisser apparaître le calme de la profondeur de l'océan, il est possible de pacifier les turbulences de notre esprit pour révéler sa clarté originelle naturelle. Cette capacité réside dans l'esprit lui-même et la clé pour accéder à l'esprit est la méditation. "
Ce livre a été réalisé pour répondre à l'intérêt toujours croissant suscité par la méditation ainsi qu'au manque d'informations pratiques concernant la manière de procéder. Ecrit principalement pour ceux qui veulent commencer à pratiquer, il devrait néanmoins intéresser tous ceux qui désirent savoir en quoi consiste la méditation.
Quelque soit votre style de vie, vous pouvez utiliser ces méthodes n'importe où, n'importe quand : en ville ou à la campagne, au travail ou au repos, en vous occupant de votre famille ou assis dans votre chambre. Par la mise en pratique de ces méditations, vous pouvez apprendre à être heureux à tout moment, dans toutes les situations même si elles sont difficiles ou douloureuses.Kathleen McDonald est née en Californie en 1952. Elle reçoit ses premiers enseignements sur la méditation du Bouddhisme tibétain à Dharamsala (Inde) en 1973. Ordonnée nonne un an plus tard, elle est actuellement enseignante au Centre bouddhiste Amitabha à Singapour et se déplace régulièrement pour donner des enseignements dans différents pays.
Traduit de l'anglais par Eléa Redel
1. Pourquoi Méditer ?
Tout le monde veut le bonheur, pourtant
très peu dentre nous semblent le trouver. Dans notre
quête de satisfaction nous passons dune relation à
une autre, dun travail à un autre, dun pays
à un autre. Nous étudions lart et la médecine,
nous apprenons à être joueur de tennis ou dactylo
; nous avons des bébés, des voitures de course,
nous écrivons des livres et nous faisons pousser des fleurs.
Nous dépensons notre argent pour des systèmes stéréo
sophistiqués, des ordinateurs, du mobilier confortable
et des vacances au soleil. Ou encore nous essayons de retourner
à la nature, de manger des aliments complets, de pratiquer
le yoga et de méditer. Pratiquement tout ce que nous faisons
est une tentative pour trouver le vrai bonheur et éviter
la souffrance.
Il ny a rien de mal à tout cela ; il ny a rien
de mal à avoir des relations et des possessions. Le problème
vient du fait que nous les concevons dotées d'une aptitude
naturelle à nous satisfaire, à être la cause
du bonheur. Mais elles ne peuvent lêtre, tout simplement
parce quelles ne durent pas.
Par nature, tout change constamment et finalement disparaît
: notre corps, nos amis, tous nos biens, lenvironnement.
Nous dépendons de choses impermanentes et nous nous accrochons
au bonheur semblable à larc-en-ciel, quelles
procurent, et cela ne provoque que déception et souffrance
non pas satisfaction et contentement.
Nous faisons lexpérience du bonheur avec des choses
qui nous sont extérieures mais cela ne nous satisfait pas
vraiment ou ne nous libère pas de nos problèmes.
Cest un bonheur de pacotille, de courte durée et
peu fiable. Cela ne veut pas dire que nous devons abandonner nos
amis et nos biens pour être heureux. Nous devons plutôt
abandonner les conceptions fausses que nous avons à leur
égard ainsi que nos attentes irréalistes de ce quils
peuvent nous apporter.
Non seulement croyons-nous quils sont permanents et capables
de nous satisfaire, mais à lorigine de nos problèmes
se trouve notre vue fondamentalement fausse de la réalité
(p. 63). Instinctivement nous pensons que les gens et les choses
existent en eux-mêmes et par eux-mêmes, de leur propre
côté ; quils ont une nature intrinsèque,
un quelque chose dinhérent. Cela veut dire que nous
croyons que les choses possèdent certaines qualités
qui demeurent naturellement en elles ; qu'elles sont, de leur
propre côté, bonnes ou mauvaises, attrayantes ou
non. Ces qualités semblent être là, dans les
objets eux-mêmes, bien indépendantes de notre point
de vue et de toute autre chose.
Par exemple, nous pensons que le chocolat est intrinsèquement
délicieux ou que la réussite est intrinsèquement
satisfaisante. Mais, sil en était ainsi, ces choses
là ne manqueraient certainement jamais de nous donner du
plaisir ou de nous satisfaire, et chacun en ferait lexpérience
de la même façon.
Notre conception erronée est habituelle et profondément
ancrée en nous ; elle colore toutes nos relations avec
les autres et notre rapport avec le monde. Nous nous posons sans
doute rarement la question de savoir si oui ou non la façon
dont nous percevons les choses est identique à celle dont
elles existent véritablement. Si nous le faisons, il sera
évident que notre image de la réalité est
exagérée et partiale ; que les qualités,
bonnes et mauvaises, que nous voyons dans les choses sont en fait
créées et projetées par notre propre esprit.
Selon le bouddhisme, le bonheur durable et stable existe et
chacun de nous a le potentiel den faire lexpérience.
Les causes du bonheur résident dans notre propre esprit
et les méthodes pour y arriver peuvent être pratiquées
par nimporte qui, nimporte où et dans nimporte
quel style de vie : dans la vie citadine, en travaillant huit
heures par jour, en soccupant dune famille, en se
divertissant pendant les week-ends. Par la mise en pratique de
ces méthodes de méditation, nous pouvons apprendre
à être heureux à tout moment, dans toutes
les situations même si elles sont difficiles ou douloureuses.
Tôt ou tard, nous pourrons nous libérer nous-mêmes
de problèmes comme linsatisfaction, la colère,
lanxiété, et finalement, en réalisant
le mode dexistence véritable des choses, nous éliminerons
complètement la source même de tous les états
desprit perturbateurs si bien quils ne surgiront plus
jamais.
Quest-ce que lesprit ?
Lesprit ou conscience est au cur de la théorie
et de la pratique bouddhique : depuis deux mille cinq cents ans
des méditants lont examiné et utilisé
comme un moyen pour transcender une existence insatisfaisante
et arriver à une paix parfaite. On dit que tout bonheur,
ordinaire et sublime, est atteint par la compréhension
et la transformation de notre propre esprit.
La fonction de lesprit, sorte dénergie non-physique,
est de connaître, dexpérimenter. Cest
la conscience elle-même. Elle est claire par nature et reflète
tout ce quelle expérimente, tout comme un lac calme
reflète les montagnes et les forêts environnantes.
Lesprit change dun moment à lautre. Cest
un continuum sans commencement, tel un flot s'écoulant
sans relâche ; le moment précédent de lesprit
a fait surgir ce moment présent de lesprit, qui donne
naissance au moment suivant de lesprit etc. Cest le
nom habituellement donné à la totalité de
nos expériences conscientes et inconscientes ; chacun dentre
nous est le centre dun monde de pensées, de perceptions,
de sentiments, de mémoires et de rêves qui tous sont
lesprit.
Lesprit nest pas une chose physique possédant
des pensées et des sentiments ; ces expériences
mêmes sont lesprit. Etant non-matière, il est
différent du corps, bien que lesprit et le corps
soient interconnectés et interdépendants. Lesprit,
la conscience, circule dans notre corps grâce aux énergies
physiques subtiles (p. 155) qui contrôlent aussi nos mouvements
et nos fonctions vitales. Cette relation explique pourquoi, par
exemple, la maladie physique et le manque de bien-être peuvent
affecter notre état mental et pourquoi, à leur tour,
des attitudes mentales peuvent aussi bien faire surgir des problèmes
physiques que les guérir.
Lesprit peut être comparé à un océan,
et les événements momentanés tels le bonheur,
lirritation, les fantaisies et lennui, aux vagues
qui sélèvent et disparaissent à sa
surface.
Tout comme les vagues peuvent retomber pour laisser apparaître
le calme de la profondeur de locéan, il est possible
de pacifier les turbulences de notre esprit pour révéler
sa clarté originelle naturelle. Cette capacité réside
dans lesprit lui-même et la clé pour accéder
à lesprit est la méditation.
2. Quest-ce que la Méditation ?
Dompter lesprit et le ramener à la compréhension
juste de la réalité nest pas une tâche
facile. Cela requiert un processus lent et graduel : dabord
il faut écouter et lire des explications concernant lesprit
et la nature des choses ; puis réfléchir sur ces
informations et les analyser consciencieusement ; et finalement
il faut transformer lesprit par la méditation.
Cet esprit peut être divisé en consciences sensorielles
: la vue, louïe, lodorat, le goût et le
toucher, plus la conscience mentale. La conscience mentale sétend
de nos expériences les plus grossières de colère
ou de désir, par exemple, aux niveaux les plus subtils
de clarté et de calme absolu. Elle inclut nos processus
intellectuels, nos sentiments et nos émotions, notre mémoire
et nos rêves.
La méditation est une activité de la conscience
mentale. Elle implique une partie de lesprit qui observe,
analyse et gère le reste de lesprit. La méditation
peut prendre des formes multiples : se concentrer en un seul point
sur un objet (interne), essayer de comprendre un problème
personnel, engendrer un amour joyeux pour lhumanité
entière, sadresser par la prière à
un objet de dévotion ou communiquer avec notre propre sagesse
intérieure. Son objectif final est déveiller
un niveau de conscience très subtil et de lutiliser
pour découvrir la réalité, directement et
intuitivement.
Cette conscience intuitive, directe du mode dexistence des
choses, est appelée lEveil, elle est le résultat
ultime de la pratique bouddhique du Mahayana (le Grand Véhicule).
Le but de son obtention ainsi que la force qui motive toute pratique,
est daider les autres à latteindre également.
Le terme tibétain gom traduit par « méditation
» signifie littéralement « se familiariser
». Il existe de nombreuses techniques différentes
de méditation et beaucoup de choses dans lesprit,
avec lesquelles nous familiariser. Chaque technique a des fonctions
et des bienfaits spécifiques et fait partie de la structure
qui amène notre esprit à une vue réaliste
du monde.
Peut-être nous faut-il d'abord parler de ce que la méditation
nest pas, car il y a beaucoup de malentendus à ce
sujet. En premier lieu, la méditation ne consiste pas simplement
à sasseoir dans une posture particulière ou
à respirer dune certaine façon : cest
un état desprit. Même si, généralement,
les meilleurs résultats sont obtenus lorsque nous méditons
dans un endroit calme, nous pouvons aussi méditer en travaillant,
en marchant, dans un bus ou en préparant le dîner.
Un méditant tibétain réalisa la vacuité
(p. 63) en coupant du bois et un autre, la concentration en un
point, en nettoyant la chambre de son Maître.
Dabord, nous apprenons à développer un état
desprit méditatif par une pratique assise formelle,
mais, lorsque nous avons fait quelques progrès, nous pouvons
emprunter un style plus libre et plus créatif et générer
cet état mental à tout moment et en toute situation.
A ce moment-là, la méditation est devenue un mode
de vie.
La méditation nest pas quelque chose détranger
ou dimpropre à lesprit occidental. Différentes
méthodes sont pratiquées dans diverses cultures
mais toutes partagent le principe commun selon lequel lesprit
se familiarise, tout simplement, avec ses divers aspects. Lesprit
de chaque personne, quelle soit orientale ou occidentale,
possède les mêmes éléments et expériences
de base, les mêmes problèmes fondamentaux et le même
potentiel.
Méditer ce nest pas « planer » ou fuir.
En fait, cest être complètement honnêtes
avec nous-mêmes : regarder vraiment ce que nous sommes et
travailler avec cela afin de devenir plus positifs et utiles pour
nous-mêmes et pour autrui. Lesprit a deux aspects,
lun positif et lautre négatif. Notre confusion
mentale ou plus littéralement, nos perturbations constituent
les aspects négatifs qui englobent la jalousie, la colère,
le désir, etc. Ils proviennent de notre compréhension
erronée de la réalité et de lattachement
invétéré à la façon dont nous
percevons les choses. Grâce à la méditation
nous pouvons reconnaître nos erreurs et ajuster notre esprit
afin de penser et réagir dune manière plus
réaliste, plus honnête.
Le but ultime, lEveil, est un objectif à long
terme. Mais les méditations accomplies avec cet objectif
en tête peuvent apporter et apportent dimmenses bienfaits
à court terme. Alors que notre image concrète de
la réalité satténue, nous développons
une image de nous-mêmes plus positive, plus réaliste
et sommes donc plus détendus et moins anxieux. Nous apprenons
à avoir moins dattentes irréalistes des êtres
et des choses autour de nous et, par conséquent, nous rencontrons
moins de déceptions ; les relations avec les autres saméliorent
et la vie devient plus stable et satisfaisante.
Mais souvenons-nous que des habitudes de toute une vie disparaissent
difficilement. Il est déjà bien assez dur de simplement
reconnaître notre colère et notre jalousie, que dire
alors de faire un effort pour retenir le flot si familier et si
ancré de lémotion ou danalyser ses causes
et ses effets. La transformation de lesprit est un processus
lent et progressif. Il sagit de nous débarrasser, petit
à petit, des schémas habituels, instinctifs et nuisibles
pour nous familiariser avec des habitudes nécessairement
porteuses de résultats positifs pour nous et pour les autres.
Il existe de nombreuses techniques de méditation mais toutes
peuvent être regroupées sous deux titres : stabilisatrice
et analytique.
Méditation stabilisatrice
En général, ce type de méditation est utilisé
pour développer ce que lon appelle la concentration
en un point, préliminaire à toute vue profonde durable.
Le but est de se concentrer, sans interruption, sur un objet comme
la respiration, la nature de notre propre esprit, un concept,
une image visualisée.
La concentration sans interruption est exactement lopposé
de notre état mental habituel. Si nous nous tournons quelques
instants vers lintérieur, nous remarquerons que notre
esprit saute dune chose à une autre : une pensée
de quelque chose que nous ferons plus tard, un son de lextérieur,
un ami, quelque chose qui sest passé auparavant,
une sensation physique, une tasse de café. Nous navons
jamais besoin de dire à lesprit « pense ! »
ou « sens ! ». Il est toujours occupé à
faire quelque chose, emporté dans une énergie qui
lui est propre.
Avec un esprit aussi dispersé et aussi incontrôlé,
tout ce que nous entreprenons aura peu de chance de réussir,
quil sagisse de se rappeler un numéro de téléphone,
de préparer un repas ou de diriger une affaire. Et indéniablement,
sans concentration il est impossible de réussir une méditation.
La méditation stabilisatrice nest pas facile, mais
elle est essentielle pour mettre lesprit sous contrôle.
Bien que le véritable développement dune concentration
en un point soit la tâche des méditants à
plein temps, il n'est pas nécessaire de nous retirer dans
la montagne pour faire lexpérience de ses bienfaits
: même en ville dans notre vie de tous les jours nous pouvons
développer une bonne concentration en faisant régulièrement,
dix à quinze minutes de méditation stabilisatrice
par jour c'est-à-dire garder lesprit fixé
sur un seul objet et laisser défiler les autres pensées.
Cela apporte une sensation immédiate despace et nous
permet de voir plus clairement le fonctionnement de notre esprit,
pendant la méditation et durant le reste de la journée.
Méditation analytique
Ce type de méditation, qui met en jeu des pensées
créatives et intellectuelles, est crucial pour notre développement
: le premier pas pour obtenir une compréhension véritable
est de saisir, de façon conceptuelle, comment les choses
existent. Cette clarté conceptuelle devient une conviction
ferme qui, associée à une méditation stabilisatrice,
amène une connaissance directe et intuitive.
Quoi quil en soit, avant même d'être en mesure
de « savoir comment les choses existent », nous devons
tout dabord identifier nos conceptions erronées.
En utilisant une pensée analytique claire et pénétrante,
nous démêlons la complexité de nos attitudes
et de nos schémas de comportement. Progressivement, nous
pouvons éliminer ces pensées, ces sentiments et
ces idées qui entraînent notre malheur et celui des
autres et, à la place, cultiver des pensées, des
sentiments et des idées qui apportent le bonheur.
Ainsi nous nous familiarisons, par exemple, soit avec la réalité
de la causalité, à savoir que nos expériences
présentes sont le résultat de nos actions passées
et la cause de nos expériences futures, soit avec le fait
que toutes les choses sont dépourvues dune nature
intrinsèque. Nous pouvons méditer point par point
sur les bienfaits de la patience et les inconvénients de
la colère ; sur limportance du développement
de la compassion ; sur la bonté des autres.
En un sens, une session de méditation analytique équivaut
à une session détude intensive. Cependant
le niveau de la pensée conceptuelle que nous sommes capables
datteindre, lors de ces méditations, est plus subtil
et donc plus puissant que nos pensées dans la vie quotidienne.
Nos sens n'étant pas bombardés par lapport
dénergie frénétique habituel, nous
sommes à même de nous concentrer avec plus dintensité
et de développer une sensibilité parfaitement accordée
aux fonctionnements de notre esprit.
Les méditations stabilisatrice et analytique sont complémentaires
et souvent utilisées ensemble au cours dune même
session. Par exemple, lorsque nous faisons une méditation
sur la vacuité (p. 63) nous analysons lobjet (la
vacuité) en nous servant, tant des informations que nous
avons lues ou entendues, que de nos propres pensées, sentiments
et souvenirs. A un certain point surgit une expérience
intuitive ou une conviction concernant lobjet. Nous devons
alors arrêter de penser et concentrer notre attention uniquement
sur ce sentiment, aussi longtemps que possible. Nous devons immerger
notre esprit dans lexpérience. Lorsque le sentiment
saffaiblit, il est possible soit de poursuivre lanalyse,
soit de conclure la session.
Cette méthode qui associe les deux types de méditation
permet à lesprit de devenir littéralement
un avec lobjet de méditation. Plus notre concentration
est forte, plus notre compréhension sera profonde. Il est
nécessaire de répéter ce processus, maintes
et maintes fois, avec tout ce que nous désirons comprendre
afin de transformer notre compréhension en une expérience
réelle.
Des méditations stabilisatrices, telles que les méditations
sur la respiration (p. 47) samélioreront également
si nous utilisons une analyse habile. Quand nous nous asseyons
pour méditer, nous devons commencer par examiner notre
état desprit et clarifier notre motivation pour accomplir
cette pratique, ce qui implique une pensée analytique.
Au cours de la méditation elle-même, nous pouvons
trouver la concentration particulièrement difficile ; il
est bon alors danalyser le problème quelques instants,
puis de ramener lesprit sur le souffle. Parfois, il est
utile aussi dexaminer lesprit pendant la méditation,
afin dêtre sûr quil ne rêvasse pas
mais quil est bien appliqué à ce quil
est censé faire.
Dans cet ouvrage, les méditations sont divisées
en quatre sections. La première, Méditations sur
lesprit, comprend trois techniques favorisant le développement
de la connaissance de lesprit lui-même. La méditation
sur le souffle (souvent appelée méditation sur lattention)
est au départ une pratique stabilisatrice qui se sert de
la respiration comme objet de concentration. Il est conseillé
aux débutants de commencer par cette pratique car elle
calme lesprit et permet de voir plus clairement comment
il fonctionne. Les autres méditations dans cette section
permettent de développer une conscience de la nature claire
de lesprit, son absence de commencement et sa continuité.
Toutes les techniques impliquent aussi bien la stabilisation que
lanalyse.
La section suivante, Méditations analytiques, offre sept
techniques pour approfondir et analyser nos hypothèses
par rapport à la façon dont les choses existent,
par rapport à la vie, à la mort, à la souffrance
et à la compassion, et, pour terminer, des conseils pour
faire face à notre énergie négative dans
la vie quotidienne. Si nous venons juste dapprendre à
calmer lesprit par la méditation sur le souffle,
par exemple, nous ne nous sentirons peut être pas prêts
à nous attaquer à lun de ces sujets par une
méditation formelle ; cependant, le simple fait de lire
cette section donnera amplement matière à réflexion.
Puis viennent les Visualisations : six techniques introduisent
la visualisation telle quelle est utilisée dans la
pratique du Vajrayana ; toutes, elles associent stabilisation
et analyse.
La dernière section de la partie principale du livre, Pratiques
de dévotion, comprend plusieurs méditations supplémentaires
ainsi que des prières et dautres pratiques.
Il est important de progresser doucement et dadopter
des méthodes nouvelles, uniquement lorsque nous sommes
prêts. Il ny a aucun intérêt à
essayer de faire des méditations qui semblent étranges
ou compliquées ou bien dont le but nest pas clair.
Il vaut mieux sen tenir à une ou deux méthodes
dont nous pouvons vraiment ressentir les bienfaits.
Toutefois, dans cet ouvrage, tout fait partie intégrante
dun développement spirituel équilibré,
et constitue une étape sur une voie vaste et profonde.
Par une étude et une pratique attentives et patientes,
nous pourrons apprécier à quel point ces pratiques
sont liées entre elles et à la voie tout entière.