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Comment Méditer

Kathleen McDonald

256 pages : 18,20 euros (119 F)

ISBN : 2-911582-03-9

 

 

 

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" Tout comme les vagues peuvent retomber pour laisser apparaître le calme de la profondeur de l'océan, il est possible de pacifier les turbulences de notre esprit pour révéler sa clarté originelle naturelle. Cette capacité réside dans l'esprit lui-même et la clé pour accéder à l'esprit est la méditation. "
Ce livre a été réalisé pour répondre à l'intérêt toujours croissant suscité par la méditation ainsi qu'au manque d'informations pratiques concernant la manière de procéder. Ecrit principalement pour ceux qui veulent commencer à pratiquer, il devrait néanmoins intéresser tous ceux qui désirent savoir en quoi consiste la méditation.
Quelque soit votre style de vie, vous pouvez utiliser ces méthodes n'importe où, n'importe quand : en ville ou à la campagne, au travail ou au repos, en vous occupant de votre famille ou assis dans votre chambre. Par la mise en pratique de ces méditations, vous pouvez apprendre à être heureux à tout moment, dans toutes les situations même si elles sont difficiles ou douloureuses.

Kathleen McDonald est née en Californie en 1952. Elle reçoit ses premiers enseignements sur la méditation du Bouddhisme tibétain à Dharamsala (Inde) en 1973. Ordonnée nonne un an plus tard, elle est actuellement enseignante au Centre bouddhiste Amitabha à Singapour et se déplace régulièrement pour donner des enseignements dans différents pays.
Traduit de l'anglais par Eléa Redel

Comment Méditer

1. Pourquoi Méditer ?

Tout le monde veut le bonheur, pourtant très peu d’entre nous semblent le trouver. Dans notre quête de satisfaction nous passons d’une relation à une autre, d’un travail à un autre, d’un pays à un autre. Nous étudions l’art et la médecine, nous apprenons à être joueur de tennis ou dactylo ; nous avons des bébés, des voitures de course, nous écrivons des livres et nous faisons pousser des fleurs. Nous dépensons notre argent pour des systèmes stéréo sophistiqués, des ordinateurs, du mobilier confortable et des vacances au soleil. Ou encore nous essayons de retourner à la nature, de manger des aliments complets, de pratiquer le yoga et de méditer. Pratiquement tout ce que nous faisons est une tentative pour trouver le vrai bonheur et éviter la souffrance.
Il n’y a rien de mal à tout cela ; il n’y a rien de mal à avoir des relations et des possessions. Le problème vient du fait que nous les concevons dotées d'une aptitude naturelle à nous satisfaire, à être la cause du bonheur. Mais elles ne peuvent l’être, tout simplement parce qu’elles ne durent pas.
Par nature, tout change constamment et finalement disparaît : notre corps, nos amis, tous nos biens, l’environnement. Nous dépendons de choses impermanentes et nous nous accrochons au bonheur semblable à l’arc-en-ciel, qu’elles procurent, et cela ne provoque que déception et souffrance non pas satisfaction et contentement.
Nous faisons l’expérience du bonheur avec des choses qui nous sont extérieures mais cela ne nous satisfait pas vraiment ou ne nous libère pas de nos problèmes. C’est un bonheur de pacotille, de courte durée et peu fiable. Cela ne veut pas dire que nous devons abandonner nos amis et nos biens pour être heureux. Nous devons plutôt abandonner les conceptions fausses que nous avons à leur égard ainsi que nos attentes irréalistes de ce qu’ils peuvent nous apporter.
Non seulement croyons-nous qu’ils sont permanents et capables de nous satisfaire, mais à l’origine de nos problèmes se trouve notre vue fondamentalement fausse de la réalité (p. 63). Instinctivement nous pensons que les gens et les choses existent en eux-mêmes et par eux-mêmes, de leur propre côté ; qu’ils ont une nature intrinsèque, un quelque chose d’inhérent. Cela veut dire que nous croyons que les choses possèdent certaines qualités qui demeurent naturellement en elles ; qu'elles sont, de leur propre côté, bonnes ou mauvaises, attrayantes ou non. Ces qualités semblent être là, dans les objets eux-mêmes, bien indépendantes de notre point de vue et de toute autre chose.
Par exemple, nous pensons que le chocolat est intrinsèquement délicieux ou que la réussite est intrinsèquement satisfaisante. Mais, s’il en était ainsi, ces choses là ne manqueraient certainement jamais de nous donner du plaisir ou de nous satisfaire, et chacun en ferait l’expérience de la même façon.
Notre conception erronée est habituelle et profondément ancrée en nous ; elle colore toutes nos relations avec les autres et notre rapport avec le monde. Nous nous posons sans doute rarement la question de savoir si oui ou non la façon dont nous percevons les choses est identique à celle dont elles existent véritablement. Si nous le faisons, il sera évident que notre image de la réalité est exagérée et partiale ; que les qualités, bonnes et mauvaises, que nous voyons dans les choses sont en fait créées et projetées par notre propre esprit.

Selon le bouddhisme, le bonheur durable et stable existe et chacun de nous a le potentiel d’en faire l’expérience. Les causes du bonheur résident dans notre propre esprit et les méthodes pour y arriver peuvent être pratiquées par n’importe qui, n’importe où et dans n’importe quel style de vie : dans la vie citadine, en travaillant huit heures par jour, en s’occupant d’une famille, en se divertissant pendant les week-ends. Par la mise en pratique de ces méthodes de méditation, nous pouvons apprendre à être heureux à tout moment, dans toutes les situations même si elles sont difficiles ou douloureuses.
Tôt ou tard, nous pourrons nous libérer nous-mêmes de problèmes comme l’insatisfaction, la colère, l’anxiété, et finalement, en réalisant le mode d’existence véritable des choses, nous éliminerons complètement la source même de tous les états d’esprit perturbateurs si bien qu’ils ne surgiront plus jamais.
Qu’est-ce que l’esprit ?
L’esprit ou conscience est au cœur de la théorie et de la pratique bouddhique : depuis deux mille cinq cents ans des méditants l’ont examiné et utilisé comme un moyen pour transcender une existence insatisfaisante et arriver à une paix parfaite. On dit que tout bonheur, ordinaire et sublime, est atteint par la compréhension et la transformation de notre propre esprit.
La fonction de l’esprit, sorte d’énergie non-physique, est de connaître, d’expérimenter. C’est la conscience elle-même. Elle est claire par nature et reflète tout ce qu’elle expérimente, tout comme un lac calme reflète les montagnes et les forêts environnantes.
L’esprit change d’un moment à l’autre. C’est un continuum sans commencement, tel un flot s'écoulant sans relâche ; le moment précédent de l’esprit a fait surgir ce moment présent de l’esprit, qui donne naissance au moment suivant de l’esprit etc. C’est le nom habituellement donné à la totalité de nos expériences conscientes et inconscientes ; chacun d’entre nous est le centre d’un monde de pensées, de perceptions, de sentiments, de mémoires et de rêves qui tous sont l’esprit.
L’esprit n’est pas une chose physique possédant des pensées et des sentiments ; ces expériences mêmes sont l’esprit. Etant non-matière, il est différent du corps, bien que l’esprit et le corps soient interconnectés et interdépendants. L’esprit, la conscience, circule dans notre corps grâce aux énergies physiques subtiles (p. 155) qui contrôlent aussi nos mouvements et nos fonctions vitales. Cette relation explique pourquoi, par exemple, la maladie physique et le manque de bien-être peuvent affecter notre état mental et pourquoi, à leur tour, des attitudes mentales peuvent aussi bien faire surgir des problèmes physiques que les guérir.
L’esprit peut être comparé à un océan, et les événements momentanés tels le bonheur, l’irritation, les fantaisies et l’ennui, aux vagues qui s’élèvent et disparaissent à sa surface.
Tout comme les vagues peuvent retomber pour laisser apparaître le calme de la profondeur de l’océan, il est possible de pacifier les turbulences de notre esprit pour révéler sa clarté originelle naturelle. Cette capacité réside dans l’esprit lui-même et la clé pour accéder à l’esprit est la méditation.
2. Qu’est-ce que la Méditation ?
Dompter l’esprit et le ramener à la compréhension juste de la réalité n’est pas une tâche facile. Cela requiert un processus lent et graduel : d’abord il faut écouter et lire des explications concernant l’esprit et la nature des choses ; puis réfléchir sur ces informations et les analyser consciencieusement ; et finalement il faut transformer l’esprit par la méditation.
Cet esprit peut être divisé en consciences sensorielles : la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher, plus la conscience mentale. La conscience mentale s’étend de nos expériences les plus grossières de colère ou de désir, par exemple, aux niveaux les plus subtils de clarté et de calme absolu. Elle inclut nos processus intellectuels, nos sentiments et nos émotions, notre mémoire et nos rêves.
La méditation est une activité de la conscience mentale. Elle implique une partie de l’esprit qui observe, analyse et gère le reste de l’esprit. La méditation peut prendre des formes multiples : se concentrer en un seul point sur un objet (interne), essayer de comprendre un problème personnel, engendrer un amour joyeux pour l’humanité entière, s’adresser par la prière à un objet de dévotion ou communiquer avec notre propre sagesse intérieure. Son objectif final est d’éveiller un niveau de conscience très subtil et de l’utiliser pour découvrir la réalité, directement et intuitivement.
Cette conscience intuitive, directe du mode d’existence des choses, est appelée l’Eveil, elle est le résultat ultime de la pratique bouddhique du Mahayana (le Grand Véhicule). Le but de son obtention ainsi que la force qui motive toute pratique, est d’aider les autres à l’atteindre également.

Le terme tibétain gom traduit par « méditation » signifie littéralement « se familiariser ». Il existe de nombreuses techniques différentes de méditation et beaucoup de choses dans l’esprit, avec lesquelles nous familiariser. Chaque technique a des fonctions et des bienfaits spécifiques et fait partie de la structure qui amène notre esprit à une vue réaliste du monde.
Peut-être nous faut-il d'abord parler de ce que la méditation n’est pas, car il y a beaucoup de malentendus à ce sujet. En premier lieu, la méditation ne consiste pas simplement à s’asseoir dans une posture particulière ou à respirer d’une certaine façon : c’est un état d’esprit. Même si, généralement, les meilleurs résultats sont obtenus lorsque nous méditons dans un endroit calme, nous pouvons aussi méditer en travaillant, en marchant, dans un bus ou en préparant le dîner. Un méditant tibétain réalisa la vacuité (p. 63) en coupant du bois et un autre, la concentration en un point, en nettoyant la chambre de son Maître.
D’abord, nous apprenons à développer un état d’esprit méditatif par une pratique assise formelle, mais, lorsque nous avons fait quelques progrès, nous pouvons emprunter un style plus libre et plus créatif et générer cet état mental à tout moment et en toute situation. A ce moment-là, la méditation est devenue un mode de vie.
La méditation n’est pas quelque chose d’étranger ou d’impropre à l’esprit occidental. Différentes méthodes sont pratiquées dans diverses cultures mais toutes partagent le principe commun selon lequel l’esprit se familiarise, tout simplement, avec ses divers aspects. L’esprit de chaque personne, qu’elle soit orientale ou occidentale, possède les mêmes éléments et expériences de base, les mêmes problèmes fondamentaux et le même potentiel.
Méditer ce n’est pas « planer » ou fuir. En fait, c’est être complètement honnêtes avec nous-mêmes : regarder vraiment ce que nous sommes et travailler avec cela afin de devenir plus positifs et utiles pour nous-mêmes et pour autrui. L’esprit a deux aspects, l’un positif et l’autre négatif. Notre confusion mentale ou plus littéralement, nos perturbations constituent les aspects négatifs qui englobent la jalousie, la colère, le désir, etc. Ils proviennent de notre compréhension erronée de la réalité et de l’attachement invétéré à la façon dont nous percevons les choses. Grâce à la méditation nous pouvons reconnaître nos erreurs et ajuster notre esprit afin de penser et réagir d’une manière plus réaliste, plus honnête.

Le but ultime, l’Eveil, est un objectif à long terme. Mais les méditations accomplies avec cet objectif en tête peuvent apporter et apportent d’immenses bienfaits à court terme. Alors que notre image concrète de la réalité s’atténue, nous développons une image de nous-mêmes plus positive, plus réaliste et sommes donc plus détendus et moins anxieux. Nous apprenons à avoir moins d’attentes irréalistes des êtres et des choses autour de nous et, par conséquent, nous rencontrons moins de déceptions ; les relations avec les autres s’améliorent et la vie devient plus stable et satisfaisante.
Mais souvenons-nous que des habitudes de toute une vie disparaissent difficilement. Il est déjà bien assez dur de simplement reconnaître notre colère et notre jalousie, que dire alors de faire un effort pour retenir le flot si familier et si ancré de l’émotion ou d’analyser ses causes et ses effets. La transformation de l’esprit est un processus lent et progressif. Il sagit de nous débarrasser, petit à petit, des schémas habituels, instinctifs et nuisibles pour nous familiariser avec des habitudes nécessairement porteuses de résultats positifs pour nous et pour les autres.
Il existe de nombreuses techniques de méditation mais toutes peuvent être regroupées sous deux titres : stabilisatrice et analytique.
Méditation stabilisatrice
En général, ce type de méditation est utilisé pour développer ce que l’on appelle la concentration en un point, préliminaire à toute vue profonde durable. Le but est de se concentrer, sans interruption, sur un objet comme la respiration, la nature de notre propre esprit, un concept, une image visualisée.
La concentration sans interruption est exactement l’opposé de notre état mental habituel. Si nous nous tournons quelques instants vers l’intérieur, nous remarquerons que notre esprit saute d’une chose à une autre : une pensée de quelque chose que nous ferons plus tard, un son de l’extérieur, un ami, quelque chose qui s’est passé auparavant, une sensation physique, une tasse de café. Nous n’avons jamais besoin de dire à l’esprit « pense ! » ou « sens ! ». Il est toujours occupé à faire quelque chose, emporté dans une énergie qui lui est propre.
Avec un esprit aussi dispersé et aussi incontrôlé, tout ce que nous entreprenons aura peu de chance de réussir, qu’il s’agisse de se rappeler un numéro de téléphone, de préparer un repas ou de diriger une affaire. Et indéniablement, sans concentration il est impossible de réussir une méditation.
La méditation stabilisatrice n’est pas facile, mais elle est essentielle pour mettre l’esprit sous contrôle. Bien que le véritable développement d’une concentration en un point soit la tâche des méditants à plein temps, il n'est pas nécessaire de nous retirer dans la montagne pour faire l’expérience de ses bienfaits : même en ville dans notre vie de tous les jours nous pouvons développer une bonne concentration en faisant régulièrement, dix à quinze minutes de méditation stabilisatrice par jour c'est-à-dire garder l’esprit fixé sur un seul objet et laisser défiler les autres pensées. Cela apporte une sensation immédiate d’espace et nous permet de voir plus clairement le fonctionnement de notre esprit, pendant la méditation et durant le reste de la journée.
Méditation analytique
Ce type de méditation, qui met en jeu des pensées créatives et intellectuelles, est crucial pour notre développement : le premier pas pour obtenir une compréhension véritable est de saisir, de façon conceptuelle, comment les choses existent. Cette clarté conceptuelle devient une conviction ferme qui, associée à une méditation stabilisatrice, amène une connaissance directe et intuitive.
Quoi qu’il en soit, avant même d'être en mesure de « savoir comment les choses existent », nous devons tout d’abord identifier nos conceptions erronées. En utilisant une pensée analytique claire et pénétrante, nous démêlons la complexité de nos attitudes et de nos schémas de comportement. Progressivement, nous pouvons éliminer ces pensées, ces sentiments et ces idées qui entraînent notre malheur et celui des autres et, à la place, cultiver des pensées, des sentiments et des idées qui apportent le bonheur.
Ainsi nous nous familiarisons, par exemple, soit avec la réalité de la causalité, à savoir que nos expériences présentes sont le résultat de nos actions passées et la cause de nos expériences futures, soit avec le fait que toutes les choses sont dépourvues d’une nature intrinsèque. Nous pouvons méditer point par point sur les bienfaits de la patience et les inconvénients de la colère ; sur l’importance du développement de la compassion ; sur la bonté des autres.
En un sens, une session de méditation analytique équivaut à une session d’étude intensive. Cependant le niveau de la pensée conceptuelle que nous sommes capables d’atteindre, lors de ces méditations, est plus subtil et donc plus puissant que nos pensées dans la vie quotidienne. Nos sens n'étant pas bombardés par l’apport d’énergie frénétique habituel, nous sommes à même de nous concentrer avec plus d’intensité et de développer une sensibilité parfaitement accordée aux fonctionnements de notre esprit.

Les méditations stabilisatrice et analytique sont complémentaires et souvent utilisées ensemble au cours d’une même session. Par exemple, lorsque nous faisons une méditation sur la vacuité (p. 63) nous analysons l’objet (la vacuité) en nous servant, tant des informations que nous avons lues ou entendues, que de nos propres pensées, sentiments et souvenirs. A un certain point surgit une expérience intuitive ou une conviction concernant l’objet. Nous devons alors arrêter de penser et concentrer notre attention uniquement sur ce sentiment, aussi longtemps que possible. Nous devons immerger notre esprit dans l’expérience. Lorsque le sentiment s’affaiblit, il est possible soit de poursuivre l’analyse, soit de conclure la session.
Cette méthode qui associe les deux types de méditation permet à l’esprit de devenir littéralement un avec l’objet de méditation. Plus notre concentration est forte, plus notre compréhension sera profonde. Il est nécessaire de répéter ce processus, maintes et maintes fois, avec tout ce que nous désirons comprendre afin de transformer notre compréhension en une expérience réelle.
Des méditations stabilisatrices, telles que les méditations sur la respiration (p. 47) s’amélioreront également si nous utilisons une analyse habile. Quand nous nous asseyons pour méditer, nous devons commencer par examiner notre état d’esprit et clarifier notre motivation pour accomplir cette pratique, ce qui implique une pensée analytique. Au cours de la méditation elle-même, nous pouvons trouver la concentration particulièrement difficile ; il est bon alors d’analyser le problème quelques instants, puis de ramener l’esprit sur le souffle. Parfois, il est utile aussi d’examiner l’esprit pendant la méditation, afin d’être sûr qu’il ne rêvasse pas mais qu’il est bien appliqué à ce qu’il est censé faire.

Dans cet ouvrage, les méditations sont divisées en quatre sections. La première, Méditations sur l’esprit, comprend trois techniques favorisant le développement de la connaissance de l’esprit lui-même. La méditation sur le souffle (souvent appelée méditation sur l’attention) est au départ une pratique stabilisatrice qui se sert de la respiration comme objet de concentration. Il est conseillé aux débutants de commencer par cette pratique car elle calme l’esprit et permet de voir plus clairement comment il fonctionne. Les autres méditations dans cette section permettent de développer une conscience de la nature claire de l’esprit, son absence de commencement et sa continuité. Toutes les techniques impliquent aussi bien la stabilisation que l’analyse.
La section suivante, Méditations analytiques, offre sept techniques pour approfondir et analyser nos hypothèses par rapport à la façon dont les choses existent, par rapport à la vie, à la mort, à la souffrance et à la compassion, et, pour terminer, des conseils pour faire face à notre énergie négative dans la vie quotidienne. Si nous venons juste d’apprendre à calmer l’esprit par la méditation sur le souffle, par exemple, nous ne nous sentirons peut être pas prêts à nous attaquer à l’un de ces sujets par une méditation formelle ; cependant, le simple fait de lire cette section donnera amplement matière à réflexion.
Puis viennent les Visualisations : six techniques introduisent la visualisation telle qu’elle est utilisée dans la pratique du Vajrayana ; toutes, elles associent stabilisation et analyse.
La dernière section de la partie principale du livre, Pratiques de dévotion, comprend plusieurs méditations supplémentaires ainsi que des prières et d’autres pratiques.

Il est important de progresser doucement et d’adopter des méthodes nouvelles, uniquement lorsque nous sommes prêts. Il n’y a aucun intérêt à essayer de faire des méditations qui semblent étranges ou compliquées ou bien dont le but n’est pas clair. Il vaut mieux s’en tenir à une ou deux méthodes dont nous pouvons vraiment ressentir les bienfaits.
Toutefois, dans cet ouvrage, tout fait partie intégrante d’un développement spirituel équilibré, et constitue une étape sur une voie vaste et profonde. Par une étude et une pratique attentives et patientes, nous pourrons apprécier à quel point ces pratiques sont liées entre elles et à la voie tout entière.

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