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Le Gourou Yoga
de Lama Tsong Khapa

Guéshé Lobsang Tengyé

48 pages : 6,10 euros (40 F)

ISBN : 2-9500 961-7-4

 

 

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Particuliers

Moine depuis l'âge de six ans, Lama Lobsang Tengyé a obtenu son diplôme de Guéshé Larampa (le plus haut niveau de doctorat en philosophie bouddhique dans l'école Gélougpa) pour conclure ses études au monastère de Séra-Djé. En France depuis plus de vingt ans, il enseigne et réside à l'Institut Vajra Yogini dans le Tarn.

Trois grands maîtres contribuèrent particulièrement à l'épanouissement du bouddhisme au Tibet, apparaissant lorsque le besoin s'en fit sentir. Gourou Padmasambhava, Atisha et Lama Tsong Khapa (1357-1419).
Cette prière appelée le Yoga des Cent Divinités de Ganden est adressée à Lama Tsong Khapa, essence de la sagesse, de l'amour et de la compassion de tous les bouddhas. Cette très belle pratique permet de recevoir les réalisations et d'atteindre l'illumination très rapidement. Guéshé Lobsang Tengyé commente l'état d'esprit dans lequel nous pouvons la méditer et décrit toutes les visualisations nécessaires. Une courte biographie de Lama Tsong Khapa fait entrevoir l'étendue des actions de ce " saint du Tibet ". Le texte du rituel (avec la phonétique tibétaine) est inclus en fin d'ouvrage.
La K7 audio du rituel est disponible.
Traduit du tibétain par Tenzin Trinley.
Traduction française de Christian Charrier.


Introduction

Cet enseignement va porter sur une prière appelée le Yoga des Cent Divinités de Ganden et adressée à Lama Tsong Khapa, essence de la sagesse, de l’amour et de la compassion de tous les Conquérants.
Dans le soutra du « Tantra Racine de Manjoushri » (Tib. Jampèl Tsa Gyu), le Bouddha Shakyamouni a prédit qu’après sa mort, Lama Tsong Khapa apparaîtrait sous la forme d'un moine et manifesterait tous les actes d'un bouddha. Il construirait sur la Terre des Neiges un monastère nommé « Ganden » d'où les enseignements du Bouddha seraient préservés et divulgués. La venue de Lama Tsong Khapa fut prédite dans de nombreux textes du Bouddha, ainsi qu'entre autres par Machig Labdon et Padma Jungnay. On dit de Lama Tsong Khapa qu’il est l’émanation de Manjoushri, le Bouddha de la Sagesse.
Parmi les actions d'un bouddha, les meilleures sont celles de la parole. Les soutras et les tantras constituent les deux types de paroles du Bouddha et par leur connaissance, Lama Tsong Khapa pouvait éliminer les doutes et éclaircir les méprises. Il transmettait aussi tous les enseignements tels qu’il les recevait sans la moindre erreur d’interprétation. En se souvenant de sa bonté, par la requête spéciale adressée du plus profond de notre cœur (Tib. Mig mé tsé ma) et le Gourou-Yoga, nous pouvons recevoir les bénédictions et les réalisations beaucoup plus rapidement qu’avec d’autres mantras. Cette prière de requête peut être faite de façon commune ou non commune.
Il existe plusieurs textes de ce Gourou-Yoga composés par différents auteurs. Il y a donc plusieurs façons de le pratiquer. L’explication de la prière qui va être donnée vient de la lignée de Sè. C'est celle qui est généralement la plus pratiquée. Lama Tsong Khapa donna l’instruction orale du Gourou-Yoga à son disciple Shérab Senghié. Ce dernier était son disciple particulier et préserva les enseignements du mantra secret. Il transmit les instructions reçues à Palden Sangpo qui composa cette pratique des Cent Divinités de Ganden et obtint de nombreuses réalisations. Ce Gourou-Yoga a donc été écrit par Palden Sangpo.
On dit qu’au Tibet, il y avait un endroit habité par un esprit appelé le « Roi Pelga » qui nuisait aux gens en leur infligeant des maladies incurables. Le fils d’une famille très riche fut envoûté par cet esprit et tomba gravement malade ; aucun remède ne pouvait le soigner. Sa famille invita alors Palden Sangpo qui récita le Gourou-Yoga en suppliant ce roi Pelga de ne plus jamais nuire à quiconque. Il accepta et lui promit que désormais, il ne ferait aucun mal aux gens qui réciteraient cette prière. Les bienfaits de cette récitation sont donc nombreux : nous ne serons pas inquiétés par les huit esprits locaux, obtiendrons les bénédictions et éliminerons les obstacles qui empêchent d’obtenir les réalisations.
Afin de pratiquer ce Gourou-Yoga, nous devons suivre trois étapes : la pratique préliminaire, la pratique proprement dite, la pratique finale.

Préliminaires

La pratique préliminaire consiste à purifier le lieu où le Gourou-Yoga va être effectué et à disposer correctement des offrandes. Une statue, une image ou un texte de Lama Tsong Khapa doivent être placés comme il convient, les offrandes étant arrangées devant eux. La présentation des offrandes doit être faite aussi proprement que possible et leur contenu doit être des plus précieux, libre de toute avarice. Nous nous asseyons ensuite confortablement sur notre coussin et engendrons une motivation correcte. Si notre motivation s’engage dans la poursuite des huit dharmas mondains, afin de placer notre esprit dans l’équanimité, il est alors bon d’appliquer la méditation sur le souffle jusqu’à ce qu’une motivation juste apparaisse. Puis nous contemplons la perfection du corps humain : la difficulté de son obtention, l’importance de son utilisation intelligente. Ce corps humain peut apporter le bonheur non seulement dans cette vie mais aussi dans de nombreuses autres vies. Nous devons donc l’utiliser avec spiritualité sans perdre une seconde. Ce corps humain est encore plus précieux que le « précieux joyau qui exauce les souhaits » car ce dernier ne peut apporter le bonheur que dans les limites de cette vie, tandis que le corps humain, lui, peut nous aider dans de nombreuses vies futures. Ayant obtenu ce corps humain parfait, nous contenter de l’utiliser uniquement pour cette vie est un comportement comparable à celui des animaux. Par conséquent, nous devons nous efforcer d’accomplir l’essence d'une renaissance si précieuse. Pour cela, plutôt que de remettre cette pratique à plus tard, il nous faut commencer à pratiquer le Dharma tout de suite. Autrement, notre vie s’écoulera ainsi et nous ne savons pas quand la mort viendra. Si nous mourons sans avoir pratiqué le Dharma et en ayant accumulé des actions négatives, nous pouvons imaginer les souffrances que nous aurons à subir dans les royaumes inférieurs. Il est donc important de pratiquer tout de suite et notamment cette prière de requête adressée à Lama Tsong Khapa.
Afin de pouvoir nous libérer de la souffrance des royaumes inférieurs et du cycle des existences conditionnées (Skt. samsara), nous devons trouver l’objet adéquat qui permet cette délivrance. Cet objet de refuge est constitué par les Trois Précieux Joyaux (le Bouddha, le Dharma, la Sangha) qui, seuls, ont le pouvoir de nous libérer des souffrances. Aussi, du fond du cœur, nous prenons refuge dans le Bouddha, le Dharma et la Sangha. Le Bouddha possède d’innombrables qualités et pas un seul défaut : sa compassion est égale pour tous les êtres, il ne peut nous tromper et perçoit clairement la nature des phénomènes. Le Dharma est la véritable méthode qui peut nous délivrer des causes de la souffrance. La Sangha suprême est l’aide particulière qui soutient notre pratique. Nous pouvons donc prendre refuge dans ces trois objets sublimes afin de libérer tous les êtres et de nous libérer nous-mêmes de la souffrance. Tous les êtres qui furent nos mères prennent aussi ces trois objets comme refuge.
Imprégnés de cet état d’esprit, nous visualisons un lotus à mille pétales juste en face de nous. Sur ce lotus est assis Lama Tsong Khapa, ses deux disciples étant assis de chaque côté de lui. Il est entouré des bouddhas des dix directions. Ces divinités de méditation, dakas, dakinis et fils des bouddhas (Skt. bodhisattva) des dix directions, ne doivent pas être considérés comme une simple représentation picturale, mais comme vivants et véritablement présents. Ensuite, nous nous remémorons les qualités du corps, de la parole et de l’esprit des objets de refuge qui sont en face de nous. Nous engendrons la foi et le respect envers eux en pensant aux souffrances du samsara et des royaumes inférieurs, et à leur pouvoir de nous en protéger.
Ces objets de refuge occupent tout l’espace et nous sommes entourés par notre père, notre mère et tous les êtres. Puis nous nous visualisons en train de diriger le chant de la prise de refuge ; tous les êtres entonnent ce chant avec nous et prennent refuge. Il est alors possible, pour ceux qui le désirent, d’accumuler le nombre de prières de refuge (Tib. da dang dro wa nam ké ta dang...). Habituellement, nous récitons cette prière de refuge trois fois mais, dans ce cas, nous pouvons en compter plus en nous rappelant la bonté de tous les êtres.
Nous essayons de générer une forte compassion en pensant que tous les êtres souffrent dans le samsara et combien cela serait merveilleux s’ils pouvaient être libérés de la souffrance. Puisqu'au cours de nombreuses vies passées ils ont été bons pour nous, nous devons leur retourner cette bonté. Aussi prenons-nous la responsabilité de délivrer tous les êtres de la souffrance. Pour l’instant nous n'en sommes pas capables et c’est pourquoi nous devons atteindre la bouddhéité le plus vite possible. Nous récitons alors trois fois la prise de refuge ainsi que la génération de l'esprit d'éveil (Tib. sang ghyé tcheu dang tsog kyi tchog nam la...). Après avoir récité cette prise de refuge avec tous les êtres, nous pouvons penser que tous les êtres possèdent la graine du bonheur et sont délivrés de la souffrance ; et aussi que tous les objets de refuge accordent leur bénédiction. C’est en pensant que tous les êtres peuvent être libérés de la colère et de la haine, de la partialité qui considère certains comme distants et d’autres comme proches, que nous méditons sur les quatre incommensurables. Comme cela est mentionné dans le texte de la « Voie Graduée vers l'Eveil » (Tib. Lam Rim), la pratique du Gourou-Yoga, de la purification du lieu jusqu’aux quatre incommensurables, peut être courte ou longue.

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