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La Guérison Ultime
Le Pouvoir de la Compassion

Lama Thoubtèn Zopa Rinpoché

352 pages : 19,50 euros (127,91 F)

ISBN : 2-911582-50-0

Traduit de l'anglais par Eléa Redel
assistée par Dominique Loyez et Michelle Le Dimna

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Librairies étrangères et centres

Préface de Lillian Too
Voici un livre vraiment formidable. La sagesse apaisante, la lumière de guérison qui émanent de ses pages sont l'expression de la présence, des paroles et de l'enseignement de l'un des plus grands maîtres actuels. Voici un livre totalement consacré à la guérison spirituelle de ceux qui souffrent ; un livre qui tourne l'attention de l'esprit vers la sagesse particulière de méthodes curatives qui permettent à une guérison définitive de se mettre en place ; un livre pour les malades, les malheureux, les meurtris.
Pourtant La Guérison Ultime est bien plus qu'un simple livre de prières destiné à soulager nos maux physiques. Les enseignements et pratiques qu'il contient amènent l'esprit à une compréhension plus profonde de la vie et de la mort, de l'impermanence et de la souffrance. Cette compréhension nous permet de commencer à considérer les maladies dans une perspective plus large dans laquelle les concepts de karma, de réincarnation et la qualité de renaissance prennent des significations nouvelles qui ont le pouvoir de nous apporter un grand réconfort et finalement de nous guérir.
Lama Zopa Rinpoché est un maître spirituel dont la compassion, la bonté et l'incroyable humilité sont passées dans la légende pour ses milliers d'étudiants et disciples de par le monde. Il fut reconnu à l'âge de quatre ans comme étant la réincarnation d'un sage contemplatif qui vivait dans la région de Lawoudo de l'Himalaya népalais.
J'ai eu l'immense chance de rencontrer Rinpoché en février 1997 en Inde ; cette rencontre a définitivement changé ma manière de voir la vie. J'apportais avec moi l'héritage négatif d'une vie faite de faux-semblants et d'auto-chérissement. Je fumais alors comme un pompier, consommant allègrement deux paquets de cigarettes par jour et cela depuis trente ans ! En Inde, on me demanda poliment de ne pas fumer en présence de ce grand Lama et je me vois encore m'éclipser furtivement, à intervalles réguliers, vers l'arrière du bâtiment pour griller désespérément une cigarette. Je me sentais vraiment ridicule, mais comme tous les fumeurs invétérés vous le diront, ce n'est pas par choix que nous autres fumeurs avons un comportement de drogués. Après une vie passée à fumer, il n'est guère facile de s'arrêter.
Et voici qu'arriva une chose merveilleuse : après mon retour d'Inde, je n'ai plus jamais touché à une cigarette et je n'ai plus fumé depuis. Si mes souvenirs sont bons, il me fallut plusieurs mois avant de réaliser que le fait d'avoir arrêté de fumer était lié à ma rencontre avec Rinpoché. Ses bénédictions m'avaient permis de réussir là où tous mes efforts précédents avaient échoué. Pourtant quand je tentai de l'en remercier, Rinpoché ne voulut même pas reconnaître qu'il avait quelque chose à voir là-dedans. Il ignora tout bonnement les allusions que je fis à ce sujet ; tel est le degré d'humilité de Rinpoché.

Les pratiques compilées ici présentent un intérêt primordial pour ceux qui souffrent de maladies très graves. La pratique du Bouddha de la Médecine est particulièrement puissante car elle peut apporter une guérison quasi-miraculeuse, dans notre vie et dans la vie de ceux qui sont touchés par des affections et maladies chroniques. En transmettant cette connaissance et ces enseignements au monde, la bonté de Lama Zopa Rinpoché est infinie.
Attendez-vous donc à des guérisons, mais faites aussi un effort pour percer les voiles de l'ignorance et de la déception qui empêchent l'esprit d'accepter que la guérison n'ait pas lieu. Coupez l'ignorance karmique en méditant sur ces enseignements, en faisant les visualisations et en récitant les mantras. Rinpoché nous montre comment la compréhension de la nature véritable de l'existence nous donne la capacité de voir que chaque souffrance contient les germes du bonheur. C'est en cela que consiste la sagesse supérieure de ce livre merveilleux.

Puissent tous ceux qui lisent ces mots de mon maître obtenir à jamais le bonheur. Puisse leur souffrance être adoucie et soulagée, et puissent toutes les maladies et affections être guéries instantanément.

Lillian Too, juillet 2001

Préface de l’Edition Originale

Cela faisait déjà plus de vingt ans que Lama Zopa Rinpoché, directeur spirituel de la Fondation pour la Préservation de la Tradition du Mahayana (FPMT) apportait son aide aux personnes ayant des problèmes de santé, quand il décida de donner son premier cours sur la guérison en août 1991 à Tara Institute, centre FPMT situé à Melbourne en Australie. Outre des médicaments traditionnels tibétains à base de plantes, Lama Zopa avait recommandé des méditations, des mantras et diverses autres pratiques de guérison du bouddhisme tibétain à des milliers de personnes. Voyant que de plus en plus de gens avaient besoin d'aide et que le bouddhisme tibétain avait tant à leur offrir, surtout à ceux qui sont atteints de maladies incurables, Rinpoché organisa un cours d'une semaine sur la guérison.
Intitulé « Méthodes et Méditations pour Aider à Guérir l'Esprit et le Corps », le cours ne faisait aucune promesse de guérison miraculeuse. Lama Zopa avait insisté sur le fait que seules les personnes atteintes d'une maladie très grave seraient admises au cours et en fin de compte six personnes seulement furent acceptées ; quatre d'entre elles étaient atteintes de cancer, une autre était séropositive et une autre encore atteinte de sclérose en plaques. De plus, étaient présentes six personnes sélectionnées pour organiser le cours ou pour diriger des cours ultérieurs sur la guérison.

Le matin du 28 août 1991, les participants se réunirent dans le hall de méditation de Tara Institute pour leur première session. Se passant du trône d'où les enseignements de style traditionnel sont donné, Lama Zopa s'assit dans un fauteuil confortable face aux six participants, assis également dans des fauteuils. Rinpoché les salua en disant : « J'aimerais tous vous remercier d'être venus ici. Ensemble, nous allons nous aider les uns les autres à développer notre esprit et ce qui est le plus important dans notre vie, le bon cœur. De cette façon, nous pouvons apporter aux autres des bienfaits plus grands et plus profonds. Je voudrais vraiment vous remercier de cette opportunité. »
Toutes les personnes du groupe, y compris Lama Zopa, se présentèrent alors brièvement et dirent en quelques mots ce qu'elles attendaient de ce cours. Plus tard, Rinpoché fit remarquer que son projet initial était d'axer le cours sur des pratiques méditatives, mais quand les participants se présentèrent, il fut étonné de constater que ce qui les intéressait était davantage de trouver la paix intérieure que de guérir leur maladie. Cela encouragea Rinpoché à mettre plus l'accent sur la philosophie bouddhique, dans ses causeries.
Pendant les sept jours du cours, Rinpoché enseigna deux fois par jour, matin et après-midi, le plus souvent des sessions plutôt courtes à cause des limitations physiques des participants. Il évita avec précaution d'utiliser des termes sanskrits et essaya au contraire d'utiliser les mots dans un sens plus universel. En plus des causeries, chaque matin étaient proposés des exercices simples, des méditations guidées et des discussions de groupe. Rinpoché présenta la philosophie bouddhique de base en mettant l'accent tout particulièrement sur la transformation de la pensée ; il offrit à chaque personne un exemplaire dédicacé de son livre Transformer les Problèmes en Source de Bonheur [publié en français aux Editions Vajra Yoginin, 2000] en faisant remarquer que ce livre traitait les sujets essentiels faisant l'objet de ce cours. Rinpoché dirigea aussi des méditations sur la lumière blanche de guérison, des chants de mantras et des méditations sur des déités, en particulier, celle de Logyeunma ; des circumambulations de stoupas, de reliques et de textes ainsi que la bénédiction de l'eau qui était bue au début et à la fin de chaque session. Vers la fin du cours, Rinpoché rencontra personnellement chacun des participants pour parler avec lui de sa situation et lui donner des conseils sur des pratiques individuelles. Dans sa chambre, Rinpoché accomplit également des rituels (skt. pouja) en leur faveur.
A part une jeune femme qui quitta le cours après le second jour parce qu'elle avait besoin de traitement pour soulager ses douleurs, les autres firent remarquer qu'ils se sentaient bien mieux à la fin du cours, avec une diminution notable de la douleur et une plus grande paix intérieure.
En conclusion, Rinpoché conféra les « djénangs », ou permissions de pratiquer, du Bouddha de la Médecine, de Singhanada et de Sitatapatra. Il composa aussi « La Pratique de Purification pour le Cancer ou le Sida » et traduisit une brève pratique de guérison de Padmasambhava. Rinpoché proposa à chaque personne des pratiques à faire après le cours. Il expliqua, plus tard, qu'il préfèrerait que les personnes atteintes de maladies très graves poursuivent leur pratique spirituelle et se rapprochent ainsi de la cessation de toute souffrance et de ses causes, au lieu de simplement se rétablir de leur maladie et d'abandonner ensuite toute pratique spirituelle. Peut-être seraient-elles en bonne santé, mais elles gaspilleraient leur vie.
Bien que le cours de Tara Institute ait été le seul cours sur la guérison donné par Lama Zopa Rinpoché, en février 1993, à Auckland, Nouvelle-Zélande, Rinpoché donna trois enseignements sur « Guérir l'Esprit et le Corps ». Pour ces enseignements, il avait apporté un petit carnet dans lequel il avait noté les grandes lignes importantes pour des cours sur la guérison, qui pour lui représentaient « l'essence même de la guérison ». Comme il n'avait pas pu couvrir tous les thèmes à Auckland, Rinpoché termina son explication lors d'enseignements ultérieurs au Centre Mahamoudra situé aussi en Nouvelle-Zélande. Bien qu'il ne fut jamais question de ces grandes lignes pendant le cours sur la guérison à Tara Institute, elles fournirent manifestement une structure aux enseignements.
Elles constituent aussi la structure de la première partie de ce livre. Le premier thème couvert dans les deux premiers chapitres confortent notre confiance en les bienfaits des techniques de méditation en racontant des histoires vécues par des gens qui se sont guéris grâce à ces pratiques. Le chapitre trois développe le deuxième thème, la nécessité de casser les concepts fixes de permanence. Cela signifie accepter que si l'on est atteint d'une maladie très grave ou non, c'est la même chose, en cela que la mort peut survenir à tout moment pour quiconque.
Le troisième sujet traité au chapitre quatre, est une réflexion sur le but suprême de la vie, lequel n'est pas simplement d'être en bonne santé et de vivre longtemps, mais de libérer les êtres de la souffrance et de les amener au bonheur. Les trois chapitres suivants développent davantage ce même sujet.
Le quatrième thème qui nous montre que tout vient de l'esprit, est divisé en deux parties. La première se référant au processus de la désignation mentale est traitée dans les chapitres huit et neuf, alors que la seconde se référant au karma est examinée dans le chapitre dix.
Puis vient le thème clé, celui de la transformation de la pensée, par laquelle, en réfléchissant à leurs bienfaits, les problèmes sont transformés en bonheur. C'est ce dont parlent les trois chapitres suivants. Le thème final, la méditation de « prendre et donner » (tib. tong-lèn) est expliqué dans le chapitre quatorze.
La deuxième partie de l'ouvrage contient diverses méditations et pratiques de guérison dont la plupart furent traduites ou composées par Lama Zopa lui-même. Le chapitre quinze propose des méditations sur la lumière blanche de guérison, la compassion et la technique de « prendre et donner ». Le chapitre seize explique les bienfaits de la pratique du Bouddha de la Médecine et contient deux textes de pratiques du Bouddha de la Médecine de Padmasambhava traduits par Lama Zopa. Suivent deux chapitres sur la libération d'animaux, le premier expliquant les bienfaits de la circumambulation, de la récitation de mantras et de la bénédiction de l'eau (pratiques principales utilisées dans la libération d'animaux), le second étant la cérémonie proprement dite de libération d'animaux composée par Rinpoché. Le chapitre dix-neuf présente trois techniques pouvant être utilisées pour guérir la dépression. Le chapitre vingt commence par une brève explication de l'antidote des quatre forces [d'opposition], puis propose une pratique de purification simple composée par Rinpoché . Les deux chapitres suivants offrent une méditation simple de Tchènrézi pour bénir l'eau et un aperçu de pratiques concernant les nagas et esprits (êtres non-humains) impliqués dans la cause de la maladie. Le chapitre vingt-trois présente les recherches effectuées par Rinpoché pour trouver un traitement par les plantes pour le sida et le chapitre vingt-quatre contient une traduction de la fameuse prière de guérison dont Rinpoché recommande la récitation durant les cours sur la guérison. Le dernier chapitre contient les trois prières de dédicaces récitées par Rinpoché à la fin des enseignements et méditations du cours ayant eu lieu à Tara Institute.
Lama Zopa ayant déjà fourni les grandes lignes de base de l'ouvrage, il fut relativement simple de donner sa structure à La Guérison Ultime. Néanmoins, il a fallu prendre un certain nombre de décisions pour sélectionner les documents utiles à partir de plus de six cents pages de transcriptions non révisées d'enseignements de Lama Zopa sur la guérison. En plus des trois principaux enseignements déjà cités, plus de trente autres de longueurs variées furent examinés ainsi que des extraits de conseils personnels donnés à certains étudiants en 1998 et 1999 [Les trois enseignements principaux qui constituent la base de La Guérison Ultime sont ceux donnés pendant le cours sur la guérison à Tara Institute en Août 1991 et les conférences données à Auckland et au centre Mahamoudra en Nouvelle-Zélande, en février 1993. Des textes issus d'autres transcriptions du Lama Yeshe Wisdom Archive ainsi que de conseils personnels donnés par Lama Zopa à ses étudiants en 1998 et 1999 ont également été utilisés.]. Alors que la plupart des enseignements furent donnés au début des années 90, l'ensemble s'échelonne entre le début 1981 et la mi 1999.
Pendant le cours à Tara Institute, la déité de guérison que Rinpoché choisit pour le groupe, après avoir fait une divination, était Logyeunma, déité féminine pratiquée normalement pour enrayer des maladies contagieuses. Plutôt que d'essayer d'inclure un nombre exhaustif de pratiques de déités de guérison dans cet ouvrage, j'ai choisi de me concentrer uniquement sur le Bouddha de la Médecine, d'abord parce qu'il a une connexion particulière avec la guérison et aussi parce qu'il peut être pratiqué pour obtenir une réussite d'ordre plus général. Si vous êtes malade, il est préférable de vérifier auprès d'un maître qualifié avec quelle déité de guérison vous avez une forte connexion karmique, puis d'entreprendre cette pratique. Si vous souhaitez d'autres informations sur des pratiques de guérison spécifiques, veuillez contacter le coordinateur spirituel de l'Institut Vajra Yogini
[Coordinateur spirituel, Institut Vajra Yogini - 81500 Marzens (France). Tél. 05 63 58 17 22.].

Tandis que certaines des pratiques contenues dans ce livre peuvent être adaptées pour une pratique bouddhique ou non bouddhique, la plupart d'entre elles supposent que le pratiquant a pris refuge en le Bouddha, Dharma et Sangha. En particulier pour les pratiques de déités, il est conseillé de s'exercer d'abord aux méditations préparatoires de la voie graduée vers l'Eveil, (tib. lamrim), avant de s'attaquer aux visualisations et récitations de mantras. A nouveau, l'idéal pour obtenir le plus de bienfaits possible de ces méthodes est de recevoir des instructions d'un maître qualifié.
Ces pratiques ne sont ni magiques ni miraculeuses, mais plutôt un processus par lequel on cultive patiemment les véritables causes intérieures de la santé et du bonheur. Pour ce qui est de la pratique bouddhique d'une manière plus générale, les résultats que l'on obtient dépendent de notre karma passé et de nos conditions actuelles. Par exemple, Rinpoché explique à de nombreux reprises les merveilleux bienfaits de la récitation de divers mantras, suggérant parfois que le fait de réciter un mantra une seule fois peut éliminer la possibilité d'une renaissance dans les royaumes inférieurs. Ces explications d'inconcevables bienfaits stimulent la foi et la persévérance. Cependant, il fait aussi remarquer que « les bienfaits que vous recevez dépendent de votre manière plus ou moins parfaite de réciter le mantra, qui est déterminée par votre motivation et la qualité de votre esprit ».
Je remercie sincèrement les nombreuses personnes qui ont participé à l'élaboration de cet ouvrage. Je remercie tout particulièrement Lama Zopa Rinpoché pour sa bonté et sa patience infinies...
Puissent tous ceux qui lisent le présent ouvrage être immédiatement libérés de toute maladie, malfaisance due aux esprits, karma négatif et obscurcissements et atteindre rapidement le bonheur incomparable du plein Eveil.

Puisse ce livre devenir un remède qui ne guérit pas juste temporairement la souffrance physique de tous les êtres vivants, mais qui guérit définitivement leur corps et leur esprit afin qu'ils n'aient plus jamais à endurer de souffrance.

Chapitre I
Le Pouvoir de Guérison de l’Esprit
La nature de l’esprit

Puisque la guérison vient avant tout de notre esprit et non de notre corps, il est important de comprendre la nature de l'esprit. La nature essentielle de l'esprit est pure en ce sens qu'elle ne se confond pas avec ses défauts, les pensées perturbatrices [ou toxines mentales] et les obscurcissements. Tous les défauts de notre esprit, tels que l'égoïsme, l'ignorance, la colère, l'attachement, la culpabilité et autres pensées perturbatrices, sont temporaires ; ils ne sont ni permanents ni éternels. Et puisque la cause de notre souffrance, à savoir les pensées perturbatrices et les obscurcissements, est temporaire, notre souffrance l'est aussi.
L'esprit est également vide d'existence véritable, d'existence de son propre côté. Cette qualité de l'esprit que l'on nomme nature de bouddha, nous confère le potentiel, d'une part de nous libérer complètement de toute souffrance, y compris de la maladie, ainsi que des causes de la souffrance, et d'autre part de parvenir au bonheur que nous souhaitons, jusqu'au bonheur sans égal de l'Eveil. Puisque l'esprit est doté de tout ce potentiel, quel besoin avons-nous de nous sentir déprimés ou désespérés ? Ce n'est pas comme s'il nous fallait endurer les problèmes à jamais. Nous avons cette liberté incroyable de développer notre esprit de la manière que nous souhaitons. Il s'agit simplement de découvrir la manière juste d'utiliser le potentiel de notre esprit.
L'esprit et le corps sont deux phénomènes distincts. On définit l'esprit comme ce qui est clair et perçoit les objets. Tels des reflets apparaissant dans un miroir, les objets apparaissent clairement à l'esprit et celui-ci se révèle apte à les reconnaître. Alors que le corps est tangible, l'esprit est sans forme, dénué de couleur et d'apparence. Alors que le corps se désintègre après la mort, l'esprit, lui, perdure de vie en vie. En Orient comme en Occident, il n'est pas rare d'entendre parler de gens qui peuvent se remémorer les vies passées et voir les vies à venir ; non seulement les leurs mais aussi celles des autres. Certains naissent avec cette aptitude, d'autres la développent par la méditation. Certains arrivent à se souvenir de vies remontant à des centaines, voire des milliers d'années. Quand Lama Yéshé, qui m'a guidé de longues années, a visité les pyramides d'Egypte, il a pu se rappeler qu'il y avait vécu au cours d'une vie passée.
Le point essentiel, c'est que même si beaucoup de gens refusent de croire aux vies passées et aux vies futures, en fait, personne n'a jamais apporté la preuve que ces vies passées ou à venir n'existent pas. En revanche, de nombreuses personnes ont constaté l'existence de vies antérieures car elles s'en souviennent très clairement, de la même façon que nous nous souvenons de nos activités de la journée d'hier. Elles réalisent l'évidence de la réincarnation car elles possèdent la capacité mentale de voir les vies passées et à venir.
Connaître la nature de l'esprit est plus important que de connaître la nature des phénomènes extérieurs. C'est aussi un sujet plus vaste. Il n'existe aucun moyen de comprendre correctement la nature conventionnelle et ultime des autres phénomènes sans comprendre la nature de l'esprit. Même d'un point de vue matérialiste, seule la compréhension de l'esprit peut nous permettre de définir et de comprendre avec précision la manière dont existent les phénomènes extérieurs.
D'une manière générale, approfondir la connaissance de notre esprit est la solution pratique à nos problèmes. Tout d'abord, il nous faut identifier l'origine de ces problèmes, alors seulement aurons-nous la possibilité d'y mettre fin avec l'assurance que nous n'y serons plus jamais confrontés. Il nous faut aussi reconnaître l'ampleur de nos problèmes, car si nous n'en percevons qu'une partie, nous n'aurons qu'une notion limitée de la libération.

Guérir l’esprit
Guérir notre mental est crucial, car si nous ne nous en préoccupons pas, nos problèmes qui sont déjà sans commencement, deviendront sans fin. Il se peut que nous fassions appel à des médicaments ou à d'autres moyens externes pour guérir une maladie spécifique, mais si nous ne guérissons pas le mental, la maladie récidivera. Si nous ne mettons rien en œuvre pour guérir notre esprit, nous courons toujours le risque de créer une fois encore la cause de la maladie, de répéter ces actions mêmes qui étaient à l'origine de notre mauvaise santé. Nous contracterons alors la même maladie dans les vies prochaines ou dans la vie présente.
Guérir les maladies par des moyens externes n'est pas la meilleure solution car leur cause ne vient pas de l'extérieur. S'il est possible que les bactéries, les virus, les esprits malins et autres servent au développement des maladies en tant que conditions extérieures, la cause des maladies elles-mêmes ne se situe pas à l'extérieur. En Occident toutefois, les conditions extérieures d'une maladie spécifique sont habituellement considérées comme sa cause. Or la cause de la maladie n'est pas à l'extérieur ; elle se trouve dans l'esprit, on pourrait même dire que c'est l'esprit. Les maladies sont causées par l'auto-chérissement, l'ignorance, la colère, l'attachement et autres émotions perturbatrices ainsi que par les actions négatives motivées par ces pensées négatives. Nos pensées et actions négatives laissent des empreintes sur notre esprit qui se manifestent alors sous forme de maladies ou autres problèmes. Ces empreintes permettent aussi aux pensées perturbatrices et aux actions négatives de ressurgir.
Un symptôme physique a nécessairement une cause physique, mais la cause physique survient du fait de la cause intérieure ou profonde : les empreintes laissées sur l'esprit par les pensées et actions négatives. Pour comprendre pleinement une maladie, il nous faut comprendre cette cause profonde, qui est la cause même de la maladie et qui crée également les conditions physiques de celle-ci. Tant que nous en ignorerons la cause profonde, nous n'aurons pas de vrai remède à la maladie. Il faut étudier son développement et reconnaître que sa cause se trouve dans l'esprit. Une fois cette conviction acquise, nous comprendrons automatiquement que la guérison de la maladie doit, elle aussi, venir de l'esprit.
Ce que je viens de décrire correspond non seulement aux enseignements bouddhiques mais aussi à notre expérience vécue. La recherche aussi a démontré que la santé d'une personne était très liée à son attitude dans la vie quotidienne, à son aptitude à garder un esprit positif. Dans Uncommon Wisdom [Uncommon Wisdom: Conversation with Remarkable People, New York: Bantam, 1989.] par exemple, Fritjof Capra a interviewé des médecins et psychologues renommés au sujet des causes du cancer. Leurs recherches les ont amenés à conclure que la source du cancer réside dans les attitudes négatives et qu'il peut être guéri par le développement d'attitudes positives [Voir Carl Simonton et Margaret Lock, The Search for Balance (chapitre 5)]. Cette vision scientifique se rapproche de la philosophie du Bouddha.
Tout problème est une création mentale particulière. Si la cause d'un problème existe dans notre esprit, il ne fait aucun doute que celui-ci se manifestera, à moins de purifier cette cause. Si la cause intérieure existe, les conditions extérieures du problème existeront aussi car c'est la cause intérieure ou profonde qui les crée. En d'autres termes, les obstacles extérieurs proviennent d'obstacles intérieurs. Même les conditions extérieures d'un problème sont créées par notre esprit. Les facteurs extérieurs deviennent les conditions de l'apparition d'un problème parce que la cause profonde réside dans notre esprit ; mais en l'absence de cause profonde, même si les facteurs extérieurs sont présents, ils ne peuvent pas devenir des conditions favorables au développement de ce dernier. Sans obstacle intérieur, il ne saurait y avoir d'obstacle extérieur.
Prenons pour exemple le cancer de la peau. On croit communément que celui-ci est provoqué par une exposition prolongée au soleil. Cependant, si la lumière solaire était la cause principale du cancer de la peau, tous ceux qui prennent des bains de soleil devraient en être victimes. Le fait que tous ceux qui s'exposent au soleil ne développent pas un cancer de la peau prouve que le soleil n'en est pas la cause principale. L'exposition au soleil est une condition propice au développement du cancer de la peau mais ce n'est pas sa cause principale. La cause principale de ce cancer est interne et non externe. La cause principale est l'esprit. Pour ceux dont l'esprit possède la cause du cancer de la peau, l'exposition au soleil devient une condition pour le développement de ce cancer. Néanmoins, pour ceux qui n'ont pas cette cause interne, l'exposition au soleil ne deviendra pas une condition pour le développement d'un tel cancer chez eux.
Comme je l'ai déjà mentionné, la racine de nos difficultés réside en notre esprit. Je parle ici de la maladresse de nos façons de penser. Il nous faut identifier celles qui sont justes et apportent le bonheur, comme celles qui sont erronées et mènent à la souffrance. Dans le second cas, nous avons des problèmes dans notre vie, dans le premier nous n'en avons pas. Autrement dit, bonheur et souffrance viennent de l'esprit. Notre esprit crée notre vie.

La méditation est le remède
Si l'on peut prendre des remèdes externes pour traiter une affection physique, il faut en revanche appliquer un remède interne pour traiter la cause de la maladie et s'assurer ainsi de ne jamais renouveler cette expérience. Quel est donc ce remède interne ? C'est la méditation. La méditation consiste à mettre notre esprit, nos attitudes positives au service de notre guérison. Et nous ne devons pas limiter notre définition de la guérison au seul rétablissement d'une maladie bien particulière, mais l'élargir pour y inclure la guérison de tous les problèmes et de leurs causes. Puisque les maladies et tous nos autres problèmes sont occasionnés par les empreintes négatives laissées sur notre esprit, la guérison des causes de ces problèmes doit également venir de notre esprit. « Méditation » n'est qu'une étiquette pour exprimer ce que nous faisons avec notre esprit et c'est le meilleur des traitements car il n'a pas d'effets secondaires.
Puisque bonheur et souffrance proviennent de notre esprit, la méditation est le secret de notre guérison. C'est le seul et unique moyen de faire cesser les causes de la souffrance et de créer les causes du bonheur. Aucun moyen extérieur ne nous permet d'accomplir cela. C'est avec notre esprit que nous devons l'accomplir. Il est possible que, la seule prise de médicaments ou une simple visualisation nous guérisse d'une maladie spécifique, mais cela ne suffit pas pour guérir l'esprit. Il n'existe pas d'autre moyen que la méditation pour guérir les maladies et leurs causes.
Pendant la méditation, nos attitudes positives deviennent le remède intérieur qui guérit notre esprit et vient à bout des causes de tous nos problèmes. Une guérison réussie exige le développement des bonnes qualités de notre esprit. Certaines façons de penser sont apaisantes et curatives, d'autres sont perturbatrices et nuisibles. Les maladies et tous les autres problèmes de notre vie sont causés par des états d'esprit malsains. On entend par état d'esprit malsain toute action mentale qui perturbe et rend malheureux ; et un corps en mauvaise santé est le résultat d'un état d'esprit malsain.
La méditation guérit non seulement les maladies, mais apporte aussi une grande paix à l'esprit. C'est dans la nature des pensées positives de nous rendre calmes et détendus. Les pensées positives les meilleures pour la guérison sont l'amour bienveillant et la compassion. L'amour bienveillant consiste à souhaiter pour les autres le bonheur et ses causes ; le grand amour bienveillant consiste à prendre nous-mêmes la responsabilité de procurer aux autres le bonheur et ses causes. La compassion, elle, consiste à souhaiter que les autres soient libérés de la souffrance et de ses causes ; la grande compassion consiste à prendre nous-mêmes la responsabilité de libérer les autres de la souffrance et de ses causes. Le fait d'engendrer ces attitudes positives a le pouvoir de guérir les maladies.
La compassion est le meilleur des guérisseurs. La guérison la plus puissante tient au développement de la compassion à l'égard de tous les autres êtres vivants, sans distinction de race, nationalité, religion, croyance et indépendamment du type de relation que nous entretenons avec eux. Nous devons ressentir de la compassion à l'égard de tous les êtres vivants dont chacun veut le bonheur et ne veut pas la souffrance. Il nous faut développer non seulement la compassion, à savoir le souhait de libérer chaque être de toute souffrance, mais il nous faut aussi développer la grande compassion qui consiste à prendre nous-mêmes la responsabilité d'accomplir cela. Voilà ce qui amène une guérison puissante et profonde.
Les pensées bienveillantes et compatissantes ont une nature apaisante et saine, bien différente de celle de l'ignorance, de la colère, de l'attachement, de l'orgueil ou de la jalousie. La nature essentielle de l'esprit d'une personne compatissante, bien qu'elle éprouve un intérêt sincère pour les autres et trouve la souffrance de quiconque insupportable, reste néanmoins toujours paisible.
Par contre, la malveillance, l'envie de nuire à autrui, ne va pas de pair avec un esprit calme ; c'est comme si l'on avait une épine pointue dans le cœur. L'attachement aussi a sa douleur propre, faite de tension, d'oppression et de souffrance quand il nous faut nous séparer de l'objet de notre désir. L'attachement nous obscurcit également l'esprit en créant un mur entre nous et la réalité. Lorsque nous sommes particulièrement attachés à une personne, ou même à un animal, nous sommes incapables de voir la réalité de sa souffrance ou de ressentir pour lui une compassion qui vienne du cœur car l'attachement obscurcit notre esprit. L'attachement ne nous laisse aucun espace pour ressentir de la compassion. Même si nous aidons cet être, nous espérons toujours quelque chose en retour. Nous ne lui apportons pas notre aide simplement parce qu'il est malade ou en danger, mais dans l'espoir qu'il nous le rende d'une manière ou d'une autre dans l'avenir.
Lorsque l'esprit est envahi par l'attachement, il nous est difficile d'éprouver de la compassion. En y réfléchissant, nous nous rendons compte que si nous sommes submergés par un attachement fort, notre seul souci se résume à ce que nous désirons. Notre bonheur personnel est l'objectif primordial. Même si nous aidons les autres, c'est avec l'idée de recevoir quelque chose en retour. Nous avons l'esprit confus et obscurci. Nous n'arrivons pas à voir que la personne à laquelle nous sommes si attachés est au moins aussi importante que nous le sommes ; nous ne parvenons pas à la chérir et à lui offrir une aide sincère.
En guérissant notre esprit par la grande compassion, nous serons à même de résoudre tous nos problèmes et ceux des autres. La pensée positive de compassion ne nous aidera pas uniquement à guérir de la maladie, elle nous apportera aussi paix, bonheur et satisfaction, ce qui nous permettra d'apprécier la vie. Elle apportera également paix et bonheur à notre famille, à nos amis et à ceux qui nous entourent. Comme nous ne nourrissons pas de pensées négatives à leur égard, les êtres humains et même les animaux auxquels nous avons affaire, se sentiront heureux. Avec l'amour bienveillant et la compassion, notre préoccupation première sera toujours de ne pas nuire à autrui, ce qui est en soi [une forme de] guérison. Une personne compatissante est le guérisseur le plus puissant, non seulement pour ses propres maladies et autres problèmes, mais aussi pour ceux des autres. Dotée d'amour bienveillant et de compassion, elle guérit les autres par le simple fait d'exister.
La guérison par excellence
Chaque fois que nous méditons sur la compassion à l'égard de tous les êtres vivants, nous accumulons d'infinis mérites, sources de tout bonheur et de toute réussite. Chaque fois que nous pratiquons la méditation pour le bien de tous les êtres vivants, nous opérons une guérison ultime [ou définitive].
Développer la compassion nous aide aussi à développer la sagesse, notamment celle qui réalise la vacuité, la nature ultime du « je », de l'esprit et de tous les autres phénomènes. Cette sagesse dissipe peu à peu les nuages d'obscurcissements qui temporairement assombrissent l'esprit jusqu'à ce qu'il devienne aussi pur et clair qu'un ciel azur inondé de soleil. Cette sagesse purifie directement l'esprit. Elle libère l'esprit de l'ignorance, de la colère, de l'attachement et de toutes les pensées perturbatrices ; des causes de ces pensées et même de leurs empreintes. Tous les voiles, ou obscurcissements, même les plus subtils, sont complètement purifiés par cette sagesse.
Grâce au plein épanouissement de la compassion et de la sagesse, l'esprit se débarrasse complètement des voiles grossiers et subtils. L'esprit est alors omniscient ou « tout connaissant ». Un esprit omniscient est capable de percevoir directement passé, présent et avenir ; il est capable de voir l'esprit de tous les êtres et de reconnaître les méthodes qui les libéreront de leurs problèmes et leur apporteront le bonheur, y compris le bonheur suprême de l'Eveil parfait.
Pour le moment, notre connaissance est très limitée. Aussi, pour faire notre bilan de santé, nous devons nous en remettre aux médecins, aux machines, aux analyses de sang etc. Même dans le domaine restreint des traitements médicaux, nous n'arrivons pas à comprendre les problèmes d'autrui, leurs causes et les solutions qui conviendraient. Notre compréhension est très limitée, tout comme l'est notre capacité à aider autrui. Notre capacité à voir l'avenir est, elle aussi, très limitée. Nous sommes bien incapables de dire ce qui arrivera l'an prochain, le mois prochain, la semaine prochaine ou même demain ; que dire alors d'une prochaine vie !
Nos obscurcissements mentaux limitent le pouvoir de notre corps, de notre parole et de notre esprit. Toutefois, si nous libérons notre courant de conscience de tous ces obscurcissements grossiers et subtils, il n'y aura plus de limite à notre pouvoir. Notre esprit sera capable non seulement de voir directement tout le passé, le présent et l'avenir, mais il sera omniprésent. Il ne rencontrera pas la moindre résistance pour aller vers tout objet auquel nous pensons. Lorsque notre esprit est pleinement éveillé, c'est-à-dire dépourvu de tous les voiles grossiers et subtils, nous sommes complètement libres à la fois de l'esprit grossier et du corps grossier. A ce moment là, nous ne sommes plus limités par rien. Voilà la liberté par excellence.
Dès que le soleil se lève, spontanément il se reflète partout. Il se reflète en chaque plan d'eau dégagé : océan, rivière, lac et même en chaque goutte de rosée. D'une façon similaire, comme tous les obscurcissements, tant grossiers que subtils, sont éliminés, l'esprit omniscient se répand naturellement partout. Chaque fois que mûrit l'empreinte positive d'un être vivant, l'esprit omniscient a la capacité de se manifester immédiatement sous la forme qui convient au niveau mental de cet être précis. Si cet être a un esprit pur, il se manifeste sous une forme pure pour le guider ; s'il a un esprit impur, il se manifeste sous une forme impure. Parce que l'esprit omniscient perçoit toutes les existences dans tous les temps, chaque fois qu'une empreinte positive mûrit dans l'esprit d'un être, il est à même de se manifester immédiatement pour guider ce dernier de bonheur en bonheur, jusqu'au bonheur incomparable de l'Eveil complet. Tel est le sens de ce qu'on appelle le pouvoir parfait.
Connaissance et pouvoir seuls cependant ne suffisent pas. Il faut la compassion. Même si un esprit omniscient perçoit tout, la compassion est la principale source d'aide pour les êtres vivants. Par exemple, même si quelqu'un a de grandes connaissances, cela ne signifie pas pour autant que cette personne mettra ses connaissances au service d'autrui. Au contraire, connaissance et pouvoir peuvent même devenir des obstacles si la compassion fait défaut ; bien que sachant comment offrir son aide et ayant le pouvoir de le faire, il se peut que cette personne vous refuse son aide même si vous la lui demandez. Par contre, une personne dotée de compassion répondra toujours à votre appel.
C'est la compassion qui nous aide à parfaire notre sagesse et notre pouvoir. La compassion nous exhorte à développer notre esprit pour les autres. Il nous faut engendrer la compassion et la parfaire, développer cette compassion à l'égard de tous les êtres vivants afin de pouvoir accroître toutes les autres qualités positives. Dotés de compassion parfaite, de connaissance parfaite et de pouvoir parfait, nous pouvons alors vraiment aider autrui.
Cette transformation de l'esprit est la guérison par excellente. Peut-être ces paroles viennent-elles de moi mais la guérison elle-même doit venir de vous, de votre esprit. La guérison est obtenue grâce à votre méditation, à vos pensées positives, ce qui en fait veut dire, grâce à votre sagesse et votre compassion. La méditation sur la vacuité, sur l'amour bienveillant et la compassion met fin au besoin de guérison. Du fait de cette guérison définitive, vous n'aurez plus jamais à refaire l'expérience de la maladie.

Chapitre II
Histoires de Guérisons Réussies

Etant donné que certaines maladies sont incurables ou difficiles à guérir, chacun essaie des méthodes de guérison variées, notamment celles qui impliquent le pouvoir du mental. Se rétablir d'un cancer ou d'autres maladies par la méditation est devenu de nos jours presque aussi courant que de se rétablir par un traitement médical classique. Comme je l'ai déjà expliqué, pratiquer la méditation, se servir de son esprit, c'est la meilleure façon de se guérir de toute maladie. Nous devenons ainsi notre propre médecin, notre propre psychologue, notre propre maître [Voir également Devenir son Propre Thérapeute de Lama Thoubtèn Yéshé, Editions Vajra Yogini, collection « Libre Sagresse »].
D'après mon expérience, ceux qui essayent sincèrement de pratiquer la méditation obtiennent sans aucun doute des résultats ; même s'ils ne guérissent pas, du moins vivent-ils plus longtemps. Il en est ainsi parce que notre santé est liée à notre mental, à notre façon de penser. J'aimerais vous raconter quelques histoires de personnes qui se sont guéries elles-mêmes par la méditation.

Alice
Avec Alice [Afin de protéger leur vie privée, les noms de toutes les personnes malades cités dans ce chapitre et les suivants ont été changés], brillante conseillère de mode, je fis ma toute première expérience d'un cancer guéri par la méditation. Quand Alice apprit qu'elle avait un cancer, elle envoya un message à l'Institut Vajrapani en Californie, par l'intermédiaire d'un ami qui y étudiait, pour demander des conseils sur la pratique méditative. Je lui suggérai de méditer sur Vajrapani, un aspect courroucé du Bouddha qui est efficace pour la guérison du cancer. Je lui conseillai simplement de visualiser Vajrapani sur le sommet de sa tête, émettant des rayons de nectar pour la purifier. Je lui conseillai aussi d'acheter des animaux qui risquaient d'être tués et de leur rendre leur liberté dans un lieu sûr, leur permettant ainsi de vivre plus longtemps.
Alice était à l'hôpital lorsqu'elle reçut mes conseils d'effectuer ces deux pratiques simples. Quand elle expliqua à ses médecins qu'elle désirait quitter l'hôpital pour mener à bien ces instructions, ils lui conseillèrent de rester mais lui dirent que si elle croyait vraiment en ces méthodes, elle pouvait partir. Elle quitta alors l'hôpital.
Alice sauva de nombreux animaux provenant de restaurants et d'autres lieux où ils étaient sur le point d'être tués. Je lui avais conseillé de libérer un nombre d'animaux correspondant au nombre d'années de son âge, mais elle en libéra deux ou trois mille, pour la plupart des poulets, des poissons et des vers. Elle confia les poulets à une ferme et remit les poissons en liberté dans une vaste étendue d'eau. Comme ils étaient bon marché et qu'il était facile de se les procurer, elle acheta aussi mille ou deux mille vers pour les relâcher dans le jardin devant sa maison. C'est une bonne idée de libérer des vers car dès qu'on les relâche, ils s'enfouissent immédiatement sous la terre. Ainsi protégés des prédateurs, ils ont une chance de vivre plus longtemps. Que les animaux libérés dans les forêts, les lacs ou dans l'océan aient une vie longue, cela semble moins évident car ils y ont des ennemis naturels.
Après avoir fait ces pratiques, quand Alice retourna à l'hôpital pour un examen médical, les médecins ne trouvèrent plus trace de son cancer. Ils furent très surpris car c'était la première fois qu'ils voyaient quelqu'un guérir d'un cancer grâce à la méditation. Comme son rétablissement était un phénomène nouveau qui les fascinait, ils voulurent écrire un livre sur son cas mais elle leur dit qu'elle s'en chargerait elle-même.
Plus tard, Alice vint au Népal me remercier en personne de mon aide ; elle disait que je lui avais fait cadeau du reste de sa vie.
Bien que son cancer ait été guéri, j'étais curieux de savoir si celui-ci allait réapparaître ou non, aussi continuais-je à m'enquérir régulièrement de son état de santé. Pendant quelques années, elle se porta bien mais au bout de cinq ans environ, elle contracta une maladie virale et le cancer réapparut. Elle me dit qu'elle l'imputait au fait que sa vie était devenue anarchique et qu'elle n'en était plus maître. Pendant longtemps elle avait maintenu une discipline dans sa pratique spirituelle, mais elle avait ensuite arrêté ses pratiques et sa vie était devenue pleine de confusion.
L'expérience d'Alice démontre qu'il est bien plus important de guérir l'esprit que le corps. Son cancer réapparut parce qu'elle avait arrêté de faire ses pratiques et de discipliner son esprit ; son esprit n'était plus protégé par les pratiques de méditation. Discipliner sa vie signifie discipliner son esprit. Son cancer disparut rapidement lorsqu'elle recommença à méditer sur Vajrapani, sauva la vie d'autres animaux et prit les huit préceptes du mahayana qui consistent à s'abstenir pour vingt-quatre heures de huit actions négatives spécifiques [Dans le cadre des préceptes du mahayana, afin d’être bénéfique à autrui, on s'abstient des huit actions suivantes : tuer, voler, mentir, avoir une activité sexuelle, consommer des intoxicants, utiliser des sièges élevés ou luxueux pour s'asseoir, manger aux heures incorrectes, ainsi que chanter, danser, porter des bijoux et se parfumer]. Quand elle retourna ensuite pour un examen médical, son médecin lui annonça que le cancer avait de nouveau complètement disparu. Après son rétablissement, elle fut interviewée de nombreuses fois à la télévision sur son expérience personnelle de guérison par la méditation.
Certes nous pouvons guérir d'une maladie par la méditation, mais si nous ne protégeons pas notre esprit, notre vie redeviendra anarchique et nos problèmes reviendront. Si nous laissons simplement notre corps suivre l'auto-chérissement ou amour immodéré de soi, l'attachement et toute autre émotion perturbatrice, notre esprit n'a alors aucune protection et nous ne faisons que créer la cause pour que nos problèmes reviennent.

Alan
J'ai connu plusieurs autres cas de personnes dont la vie devenait désordonnée et dont la condition physique se détériorait lorsqu'elles interrompaient leur pratique de méditation. C'est ce qui est arrivé à Alan qui est décédé du sida il y a quelques années déjà. Lorsqu'il vivait à l'Institut Tchènrézi, centre de méditation en Australie, Alan était très discipliné et pratiquait les différentes méditations qui lui avait été recommandées. J'imagine qu'il n'avait pas trop le choix dans un tel environnement, car il n'y a pas grand chose d'autre à y faire.
Alan faisait des sessions de méditation tous les jours, en se concentrant tout particulièrement sur le Bouddha de la Médecine, mais il faisait aussi d'autres pratiques de déités. De telles déités ont un grand pouvoir et leurs mantras aussi sont vraiment bénis. Méditer sur ces déités s'avère donc très efficace. Il est certain que la pratique d'Alan renforça son esprit et lui donna de l'inspiration. L'apparence extérieure étant le reflet de l'esprit, Alan avait l'air radieux et détendu parce que son esprit était sain. Quand notre esprit est content parce que nous méditons et menons une vie disciplinée, cela se manifeste alors dans l'apparence de notre corps. Après avoir effectué toutes ces méditations, Alan donnait l'impression de n'être plus malade du tout ; il était capable d'apporter son aide dans différentes activités du centre de méditation.
En fait, pendant quelques semaines ou quelques mois, Alan restait au centre de méditation, mais alors surgissait en lui l'idée de retourner en ville dans le but d'aider d'autres personnes atteintes du sida. Malheureusement, chaque fois qu'il retournait en ville, il n'arrivait pas à maintenir sa pratique, sa vie devenait anarchique et sa condition physique se détériorait. En ville, il avait beaucoup à faire, mais je pense que sa santé s'en ressentait moins du fait de ses occupations que de son incapacité à continuer sa pratique de méditation. Il retournait alors au centre de méditation pour essayer de retrouver sa force et son inspiration. Toutefois, dès qu'il avait recouvré de la force, il retournait en ville pour aider les autres et le cycle se répétait. Cela se produisit à plusieurs reprises.
Evidemment c'est une pensée précieuse que de vouloir venir en aide à autrui. Je n'ai pas observé ce phénomène aussi fréquemment chez les cancéreux, mais les personnes atteintes du sida sont souvent particulièrement soucieuses d'aider ceux qui souffrent du même mal qu'elles. Leur expérience personnelle de la souffrance qui s'y rattache les amène à éprouver un sentiment très fort pour ceux qui endurent les mêmes difficultés. Il semble qu'elles aient ce désir naturel de vouloir aider les autres, malgré leurs problèmes personnels. C'est une très belle attitude, il n'y a pas de doute à cela et la simple production de cette pensée magnifique mérite le respect. Cependant, là où il y a lieu de s'inquiéter, c'est que, par incapacité à maintenir le niveau de discipline et de pratique nécessaire, il arrive souvent que ces personnes voient leur santé se dégrader.
La dernière fois que j'ai vu Alan avant sa mort, il était très faible et ne pouvait marcher qu'avec le soutien de deux amis. Assis sur une chaise, il m'écouta pendant une heure ou plus lui expliquer comment il pouvait utiliser la transformation de la pensée pour voir sa maladie comme positive et porteuse de sens plutôt que négative et désespérante. Je dis à Alan qu'il avait de la chance d'avoir le sida, car sa maladie lui donnait une occasion incroyable de développer son esprit dans la voie spirituelle, la voie vers l'Eveil. Sa maladie lui ouvrait la porte de l'Eveil et de tout autre bonheur. Je lui parlai des avantages d'être malade du sida. Par exemple, ce peut être un moyen rapide et puissant pour développer la compassion, car le fait d'avoir cette maladie permet, sans aucune difficulté, de ressentir de la compassion pour ceux qui en sont atteints, comme pour ceux qui ont d'autres types de souffrances. Et utiliser la maladie pour engendrer l'amour bienveillant et la compassion entraîne une purification très puissante. Je ne me souviens pas de ce que j'ai dit à Alan dans le détail, mais l'essence de mon propos était que sa maladie pouvait l'amener plus rapidement à l'Eveil. Je voulais qu'il réalise que le sida était quelque chose de positif ; je voulais qu'il réalise quel incroyable avantage il pouvait tirer de sa maladie.
La transformation de la pensée nous est nécessaire, car la guérison est en lien étroit avec notre façon de penser. Nous devons apprendre à considérer notre maladie comme quelque chose dont nous avons besoin, non pas comme quelque chose d'inutile. Nous devons voir la maladie dont nous souffrons comme un ornement qui représente la souffrance de tous les êtres vivants. Au lieu de considérer que la maladie est un obstacle, nous devons l'utiliser pour développer en nous l'amour bienveillant, la compassion et la sagesse. De même qu'on utilise le poison comme remède, nous devons utiliser notre maladie comme voie vers le bonheur. En transformant notre esprit, nous pouvons donner un sens au fait que nous soyons malades, et ce non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour chaque être vivant. Utiliser notre maladie pour développer les précieuses qualités humaines d'amour bienveillant et de compassion nous permet d'apporter paix et bonheur à chacun des êtres vivants.
Puisque, de toute façon, il nous faut faire l'expérience de la maladie, autant rendre cette expérience bénéfique en l'utilisant pour apporter du bonheur, temporaire et ultime, à nous-mêmes et à tous les êtres vivants. C'est le moyen habile de faire l'expérience de la maladie.
Au terme de notre discussion sur la transformation de la pensée, Alan se sentit bien mieux. Au départ, il était affalé sur sa chaise, mais après cette conversation, il réussit à se redresser et à se lever sans aide. Lui-même fut surpris de l'amélioration soudaine de son état. Il agitait les bras en l'air en disant : « Oh, regardez ! regardez ! maintenant, je peux tenir debout tout seul ! »
Alan ressentit une amélioration immédiate, mais bien sûr ne jouir de cet état d'esprit qu'à ce moment précis ne pouvait suffire ; il lui aurait fallu continuer à maintenir cet état d'esprit, ce qui l'aurait aidé à rester plus longtemps en bonne santé.
Cet exemple vous montre à quel point l'état du corps est étroitement lié à celui de l'esprit. C'est tout particulièrement le cas avec le sida. Si les personnes atteintes du sida réussissent à faire en sorte que leur esprit devienne fort et sain, il leur est possible de vivre plus longtemps et de jouir également d'un corps plus résistant et en meilleure santé, même si leur maladie ne disparaît pas.

Lucy
Il y a de nombreuses années, lorsque Lucy, étudiante australienne, me dit qu'elle avait un cancer, je lui suggérai de faire plusieurs nyoung-nè [Pour plus de détails lire La Pratique du Nyoung-nai de Guéshé Lobsang Tengyé aux Editions Vajra Yogini]. Il s'agit d'une pratique de purification liée à Tchènrézi, le Bouddha de la compassion. Chaque retraite de deux jours comprend de nombreuses prosternations et un jeûne ; le premier jour, on ne fait qu'un repas à midi, mais le second jour, on ne boit ni ne mange. Le jeûne en soi n'a rien d'exceptionnel, en fait c'est juste une forme de torture ! Mais ici, on fait cette pratique de jeûne avec une motivation toute particulière de compassion, par laquelle on prend sur nous la responsabilité de libérer tous les êtres de la souffrance et de leur apporter le bonheur. Lucy fit quelques retraites de nyoung-nè à Bodhgaya en Inde, le lieu sacré où le Bouddha Shakyamouni atteignit l'Eveil.
Je lui suggérai aussi de bénir de l'eau en récitant trois rosaires (skt. mala) de la version intermédiaire du mantra de Tchènrézi [La version intermédiaire du mantra de Tchènrézi, connue aussi sous le nom de mantra de l'essence est le suivant : Om / dhara dhara / dhiri dhiri / dhourou dhourou / itti vatté / tchalé tchalé / pratchalé pratchalé / kousoumé / kousoumé varé / ili mili / tchiti jvalam / apanayé soha.] puis de souffler sur celle-ci. Elle continua la pratique de bénédiction de l'eau même après son retour en Australie.
Lorsque plus tard, je la rencontrai lors d'un enseignement à Londres, elle se portait très bien et paraissait rayonnante. Je l'ai aussi rencontrée récemment en Australie et elle est toujours en bonne santé. Chaque fois que je rencontre Lucy, elle me rappelle que c'est la pratique du Bouddha de la compassion qui lui a permis de se rétablir de son cancer.

Luke
Quand Luke, étudiant chinois de Singapour, se rendit à l'hôpital pour un examen médical, son médecin lui annonça qu'il avait le sida. Luke écrivit à son maître, Rato Rinpoché, pour qui il avait une grande dévotion (Rato Rinpoché, maintenant décédé, était un très grand Lama vivant à Dharamsala). Luke eut le bon karma de recevoir de lui des instructions de méditation. Bien qu'à cette époque Rato Rinpoché manifestât lui-même l'aspect de la maladie, il eut la bienveillance d'envoyer à Luke une méditation spécifique sur l'amour bienveillant et la compassion que l'on appelle « prendre et donner » (tib. tong-lèn).
Dans cette méditation de prendre et donner, pour nous exercer à la compassion, nous prenons sur nous toutes les souffrances, y compris les maladies, des autres êtres vivants et nous les utilisons pour détruire notre propre auto-chérissement, racine de toute notre souffrance. Cette pratique de méditation va directement à l'encontre de notre souhait habituel de n'être pas contaminé par la maladie des autres. Pour nous exercer à l'amour bienveillant, nous offrons alors aux autres notre corps, nos possessions, notre bonheur et notre énergie positive. Cette pratique n'est ni secrète ni rare. Il s'agit d'une méditation courante que l'on trouve dans les enseignements de la voie progressive vers l'Eveil.
Après avoir reçu ces instructions de Rato Rinpoché, Luke fit cette méditation pendant quatre jours seulement. Puis, il se rendit à l'hôpital pour un nouvel examen médical et les médecins ne trouvèrent plus la moindre trace du virus VIH. Lorsque je lui demandai combien de temps il avait médité, je fus époustouflé quand il me répondit qu'il n'avait médité que trois à quatre minutes par jour. Je m'attendais à ce qu'il me dise qu'il l'avait fait des heures durant. Ce qu'il faut comprendre c'est que ces quelques minutes de méditation avaient été extrêmement puissantes. Au cours de sa méditation, il n'avait eu aucune pensée se rapportant à lui ou à sa propre maladie. C'était comme si ses problèmes personnels n'existaient pas. Il ne pensait qu'à la souffrance des autres, principalement à celle de ceux qui avaient le sida et sa compassion était intense. Les larmes coulaient sur son visage chaque fois qu'il faisait la méditation, non qu'il ait été préoccupé par sa propre situation, mais parce qu'il ressentait une telle compassion à l'égard de ceux qui étaient également atteints du sida et de ceux qui avaient d'autres problèmes. Il se sentait bien plus concerné par eux que par lui-même. Il avait une grande dévotion et pendant ses sessions de méditation, il sentait aussi que son Maître était près de lui et qu'il le guidait.
Se rétablir d'une maladie grave prend beaucoup de temps si vous prenez des petites doses d'un médicament peu efficace ; en revanche, le rétablissement est rapide si vous prenez un médicament puissant, même si vous n'en prenez que peu et pas très souvent. Le rétablissement rapide de Luke s'est produit grâce au pouvoir de son esprit, au pouvoir de la compassion qu'il ressentait dans ses méditations pourtant très courtes. Il guérit rapidement car la compassion intense qu'il engendra purifia beaucoup de karmas négatifs et d'obscurcissements, causes de son sida.
Luke est retourné de nombreuses fois à l'hôpital pour faire des bilans, mais sa santé reste bonne. C'est la seule expérience de guérison complète du sida par la méditation dont j'ai été témoin.
J'ai demandé à Luke de me donner un exemplaire de la méditation précise qu'il avait faite afin qu'elle puisse servir de preuve lorsque je raconte son histoire (p. 181).
La méditation de tong-lèn est le cœur de la guérison. Une fois que nous avons compris cette méditation, nous pouvons l'appliquer à chaque problème de notre vie et transformer ainsi tous les problèmes en bonheur. La seule question est de savoir si oui ou non nous décidons de faire la méditation. En faisant cette pratique, il est impossible de se sentir déprimé car notre problème est instantanément transformé en bonheur.
Cette méditation particulière est le meilleur des remèdes, toutefois son principal bénéfice n'est pas tant son pouvoir de guérison que sa capacité à nous aider à développer l'amour bienveillant, la compassion et l'esprit d'Eveil (skt. bodhicitta), cause principale de l'Eveil. Bodhicitta est le souhait altruiste d'atteindre l'Eveil afin de libérer tous les êtres vivants de la souffrance et de sa cause, et de les mener vers l'Eveil suprême. La pratique de tong-lèn peut guérir les maladies et transformer les problèmes en bonheur, mais plus important encore, elle peut nous aider à progresser vers la réalisation de bodhicitta. La pensée bienveillante et compatissante de bodhicitta est le meilleur remède pour l'esprit et pour le corps.

M. Lee
C'est pour se guérir d'un cancer de l'estomac que M. Lee, homme d'affaires chinois de Singapour, a utilisé la méditation. La première fois que je rencontrai M. Lee à l'occasion d'un enseignement que je donnais à Singapour dans un bowling, il était très maigre et faible ; il devait s'appuyer sur sa femme pour marcher. Son docteur ne lui donnait plus que quelques mois à vivre. A Singapour, Hong Kong et Taïwan, il est fréquent que les malades assistent aux enseignements et qu'ils viennent ensuite me voir pour parler de leur maladie et demander conseil.
J’ai conseillé à M. Lee de méditer sur Tara et de réciter, tout particulièrement, les Vingt-et-une louanges à Tara. Bien qu'il fût un homme d'affaires parcourant le monde, M. Lee se consacra à la prière à Tara et fut très vite complètement rétabli de son cancer de l'estomac.
Lorsque, plus tard, il participa au cours de méditation d'un mois au monastère de Kopan au Népal, M. Lee me dit qu'il s'était guéri de son cancer de l'estomac, mais qu'il avait de surcroît guéri la grave maladie de cœur dont souffrait son fils. Dans un rêve, il avait vu une roue tourner dans le cœur de son fils ; c'est alors que son fils se remit de sa maladie.
M. Lee a guéri aussi de nombreuses autres personnes, surtout celles qui souffraient de maux liés à des esprits ou à la magie noire. Pour guérir les personnes qui sont possédées par des esprits, il utilise de l'eau bénite. Une femme possédée par un esprit refusait de sortir de sa chambre. Lorsque M. Lee entra dans la chambre de cette femme, il la vit sous la forme d'un esprit découvrant ses crocs. Les altérations de son visage et de sa voix lui firent penser à un médium possédé par un esprit. Cependant, tandis qu'il l'aspergeait d'eau bénite, elle s'apaisa progressivement.
Suite à son succès dans le domaine de la guérison, M. Lee est désormais très occupé avec tous les malades qui l'attendent, chaque jour, à son retour du travail. Je lui ai aussi demandé de diriger des sessions de guérison au centre bouddhiste Amitabha, le centre FPMT de Singapour, afin que tous les étudiants de ce centre, même s'ils sont en bonne santé, puissent contribuer par leurs prières au rétablissement de ceux qui sont malades. Le pouvoir de guérison est plus grand lorsqu'on se regroupe pour prier ensemble.
Ce qu'il importe de comprendre ici, c'est d'où vient le pouvoir de guérison de M. Lee. Même s'il peut sembler que la capacité de M. Lee à se guérir lui-même et à guérir les autres vient d'un objet extérieur, en l'occurrence Tara, en fait elle provient principalement de sa propre attitude positive. Son pouvoir de guérison est le résultat de sa grande dévotion envers Tara et de sa conduite éthique pure.
Le potentiel de guérison, nous l'avons tous et c'est là le point essentiel. En renforçant le pouvoir de nos actions positives, nous pouvons nous guérir du cancer, du sida et des autres maladies et en guérir les autres. Néanmoins, il est bien plus important d'éliminer la cause de la maladie, car sinon, tout arrêt de la maladie ne sera que temporaire. Même si nous guérissons la maladie de quelqu'un, nous n'aurons provisoirement guéri qu'un seul problème dans sa vie et si la cause subsiste, le problème reviendra.
En général, la méditation peut guérir la maladie, mais le simple fait de méditer sur une déité ou de réciter des mantras n'est pas suffisant. Nous devons changer nos attitudes et nos actions. Si nous ne réduisons pas nos actions négatives qui nuisent tant à autrui qu'à nous-mêmes, une fois rétablis, nous créerons à nouveau la cause de cette maladie. Il s'agit donc d'arrêter d'en créer la cause et c'est indispensable.

 

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