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Salam

Guéshé Lobsang Tengyé

80 pages : 7,50 euros (49 F)

ISBN : 2-911582-05-5

 

 

 

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Particuliers

Moine depuis l'âge de six ans, Lama Lobsang Tengyé a obtenu son diplôme de Guéshé Larampa (le plus haut niveau de doctorat en philosophie bouddhique dans l'école Gélougpa) pour conclure ses études au monastère de Séra-Djé. En France depuis plus de vingt ans, il enseigne et réside à l'Institut Vajra Yogini dans le Tarn.

Cet enseignement décrit la progression et les étapes de la voie spirituelle selon les trois véhicules.
Dans l'école Guélougpa du bouddhisme tibétain, le doctorat en philosophie compte traditionnellement treize classes, chacune nécessitant plusieurs années d'études assidues. " Les Terres et les Chemins " sont inclues dans la quatrième classes qui comprend également " Les Ecoles Philosophiques " (Tib. Droup ta), " Les Soixante-dix Thèmes " (Tib. Deune Dune Tchu) et le 1er chapitre de " L'Ornement des Réalisations Claires " (Skt. Abhisamayalamkara).
Traduit du tibétain par Tenzin Trinley et Tenzin Chödon.


Présentation sommaire

Le texte commence par Namo Gourou Byai, qui est une salutation au Maître. Suit une autre salutation au Bouddha Shakyamouni qui, après avoir Lui-même parcouru jusqu'au bout les terres et les chemins les a enseignés aux autres. Puis vient une promesse de composition afin de guider les êtres de cette ère fortunée et de ne pas recevoir d'obstacles pendant la rédaction du texte. Avant d’aborder la partie principale du texte, l’auteur présente brièvement les terres et les chemins qui sont la fondation de toutes les qualités mondaines et supra-mondaines, conformément aux trois niveaux des pratiquants.

Les êtres de niveau inférieur
Définition du chemin des êtres particuliers du niveau inférieur : La pensée de s’efforcer principalement d'atteindre, dans ses vies futures et pour son propre bien uniquement des états de renaissance élevée dans le samsara.
Illustration : Un esprit (Tib. Lo), dans le continuum d’un être de niveau mineur, qui réalise la mort et l’impermanence ou la discipline morale consistant à abandonner les dix actions non-vertueuses.
Il s’appelle « chemin d’un être de niveau mineur » parce que, sur cette base, l’être possédant ces réalisations dans son continuum mental avancera vers des renaissances élevées.
Les êtres de niveau intermédiaire
Définition du chemin des êtres de niveau intermédiaire : La pensée de s'efforcer principalement d’atteindre la libération pour son propre bien, ayant développé de la répugnance pour les plaisirs du samsara.
Illustration : Un esprit, dans le continuum mental d’un être de niveau intermédiaire, qui réalise le non-soi et les seize caractéristiques des quatre nobles vérités, tels que l’impermanence etc.
Il s’appelle « chemin d’un être de niveau intermédiaire » parce que, sur cette base, un être possédant ces réalisations dans son continuum mental atteindra l’état de la libération.
Les êtres de niveau supérieur
Définition du chemin des êtres de niveau supérieur : Animée par la grande compassion, la pensée, dans le continuum mental d'un être supérieur, de s'efforcer d’atteindre l’omniscience afin que tous les autres êtres sensibles puissent atteindre la Bouddhéité.
Illustration : La grande compassion et l’attitude extraordinaire dans le continuum d’un être de niveau supérieur.
Il s’appelle « chemin d’un être de niveau supérieur », parce que, en dépendant de ces réalisations, un être les ayant développées dans son continuum progressera vers l’illumination insurpassable.

Définition du chemin commun aux êtres de niveau inférieur et intérmédiaire :
C'est une pratique qui est nécessaire aux trois niveaux d'êtres. Néanmoins, il est nécessaire d’entraîner d’abord son esprit dans les pratiques d’un être de niveau mineur, afin de générer dans son continuum le chemin d’un être de niveau intermédiaire.
Illustration : Une connaissance supérieure (Tib. Shé rap) qui réalise la mort et l’impermanence ou la souffrance des royaumes inférieurs.

Définition d'un chemin commun aux êtres de niveau intermédiaire et supérieur :
Ce chemin commun est une pratique qui s’applique à la fois aux êtres du niveau intermédiaire et à ceux du niveau supérieur. Néanmoins, il s'agit d'une pensée qui demande d’entraîner au préalable son esprit dans les pratiques d’un être de niveau intermédiaire afin de générer dans son continuum, le chemin d’un être de niveau supérieur.
Illustration : Un esprit qui réalise les seize caractéristiques des quatre nobles vérités, telles que l’impermanence etc. Il existe des moyens pour générer dans son continuum mental ces stades des chemins correspondant aux êtres des trois niveaux.

Comment générer le chemin d’un être de niveau inferieur
Quand, après avoir contemplé la grande valeur de ce précieux corps humain doté des huit libertés et des dix richesses, médité la difficulté à l'obtenir ainsi que la brièveté de sa durée (il doit être rapidement abandonné), et développé le détachement aux apparences de cette vie, la pensée d'œuvrer pour les vies futures surgit spontanément, le chemin d’un être particulier de niveau inférieur a été généré dans le continuum du pratiquant.

Maintenant, nous sommes sous le contrôle du mental (Tib. Sems). Quoi que nous fassions, il nous mène par le bout du nez et, par conséquent, nous n’avons aucune liberté d’action. Le mental, quant à lui, est sous l'influence des perturbations émotionnelles. C'est donc sous l'influence de ces perturbations que nous créons le karma qui nous pousse à tourner continuellement dans le cycle des existences d'où proviennent beaucoup de souffrances. Aussi devons nous contrôler notre mental. Pour cela, il nous faut obtenir une concentration aussi stable qu’une montagne et qui s’engage naturellement dans son objet de concentration : l’action vertueuse.
En plus du calme mental (Tib. Shi nai), nous devrions pratiquer la méditation analytique en débutant par la méditation sur le précieux corps humain. Ces méditations constituent les différentes manières de s’engager dans des objets vertueux. Ceci est clairement expliqué dans « La Voie Graduée vers l'Eveil » (Tib. Lam Rim).
Entre les sessions, nous devons surveiller les portes des sens et réfléchir sur le précieux corps humain et la difficulté de l'obtenir. C'est ce que le Bouddha a enseigné. Cela ne veut pas dire que nous devons fermer les yeux. Cela signifie, par exemple, que, quand notre conscience visuelle aperçoit une forme attirante, nous ne devons pas laisser l’esprit la suivre. Nous ne devons pas non plus manger plus qu'il ne faut. Si nous mangeons trop, nous aurons sommeil et notre méditation sera difficile. Nous ne devrions pas non plus dormir pendant la première et la dernière période de la nuit, nous ferions mieux de pratiquer. Voici les conditions nécessaires au contrôle du mental.

La précieuse renaissance humaine
Nous devons reconnaître ce qu’est une précieuse renaissance humaine. Sinon, nous sommes comme un mendiant qui aurait trouvé un poêle en or : en s'en servant juste de manière habituelle pour chauffer la maison, il reste toujours pauvre.
Pour reconnaître la valeur d’une précieuse renaissance humaine, nous devons connaître les huit libertés et les dix richesses. Celles-ci sont clairement expliquées dans le Lam Rim. Nous devons les méditer et les analyser une par une. Ainsi, nous développerons une grande joie d’avoir atteint une telle opportunité. Cette renaissance humaine est extrêmement rare et précieuse parce qu’elle est la base de toutes les réalisations, et qu'elle permet d’atteindre l’illumination. Si nous ne pratiquons pas, elle perdra sa valeur.
Par exemple si nous voulons trouver un travail intéressant, nous devons d’abord faire des études. Si nous n’étudions pas, cela n’a aucun sens. C’est pareil en ce qui concerne la précieuse renaissance humaine ; si nous ne pratiquons pas, nous n’atteindrons ni des renaissances supérieures ni l’illumination. Il n’y a pas de différence entre notre corps et le corps de grands maîtres tels que Milarépa ou Gyalwa Ensapa : nous sommes tous faits de chair et d’os.
Il est très difficile de retrouver une telle renaissance, car, pour l'obtenir, il faut pratiquer purement la moralité. Si nous vérifions sincèrement l’état actuel de notre esprit, nous verrons combien cela est difficile !
Il nous est possible de recenser toute la population humaine sur cette planète : ce nombre-là est connu. Mais nous ne pouvons pas dénombrer ne serait-ce que les animaux qui vivent sur les terres de l’Institut Vajra Yogini. Ils sont plus nombreux que la population humaine du monde entier ; peut-être même cent fois plus nombreux. Même parmi les humains, il est rare de trouver quelqu’un qui a le désir de pratiquer le Dharma et qui a pu réunir les conditions nécessaires pour ce faire. Avoir une renaissance humaine ne signifie pas nécessairement qu'elle soit précieuse. Pour cela, il faut avoir également les huit libertés et les dix richesses.

L'impermanence et la mort
Ce corps que nous avons maintenant n’est pas stable ; un jour il nous faudra mourir et le quitter. Si nous sommes intéressés par la pratique du Dharma, il est important de méditer sur la mort et l’impermanence. Le Bouddha lui-même a dit que, parmi toutes les méditations, celle sur la mort et l’impermanence est essentielle. Au début, elle sert à nous engager dans la pratique du Dharma. Au milieu, elle nous aide à continuer notre pratique. A la fin, elle nous permet de la terminer complètement.
Milarépa a dit que, si nous avons un travail important à faire, nous n’allons pas obtenir grand-chose en le mettant de côté. La mort est certaine : nous ne pouvons trouver un seul être qui vit depuis le début de ce monde. Il en sera toujours ainsi ; tout enfant né aujourd’hui sera mort d’ici une centaine d’années. Dans le passé, tous sont morts ; à l’avenir, tous mourront. Ainsi, au gré du temps et du karma, chacun doit mourir un jour. Nous devrions réfléchir à cela et commencer à pratiquer tout de suite, car le moment de notre mort n’est pas certain, nous ne pouvons pas prévoir notre mort. Au moment de la mort, nous ne pouvons rien emporter, personne ne peut nous accompagner. Aussi précieuses que soient nos possessions, elles ne peuvent prévenir la mort, nous ne pouvons pas non plus les emmener avec nous. Seul le Dharma peut nous aider à ce moment-là.
D'autre part, nous n’avons aucune certitude quant au corps que nous allons prendre à la renaissance prochaine. Nous ne savons même pas ce qui nous arrivera l’année prochaine, alors comment savoir ce qui nous arrivera dans nos renaissances futures ! Nous devons donc faire un effort dès maintenant pour ne pas renaître dans les royaumes inférieurs. Nous devons pratiquer l’éthique qui consiste à s’abstenir des dix actions non-vertueuses, nous devons prendre refuge, pratiquer la confession. Si nous faisons cela, à l’avenir nous aurons des renaissances heureuses. Nous devons craindre la mort dès maintenant et non pas au moment de mourir. Il existe deux façons de ne pas craindre la mort : l’une est l’absence de peur par ignorance, l’autre est la confiance, basée sur une bonne pratique du Dharma, d'obtenir des renaissances futures favorables. Pour le meilleur pratiquant du Dharma, mourir est comme rentrer chez soi. Celui qui a une pratique moindre n’a aucune crainte. Quant au pratiquant inférieur, il n’a cependant pas de regret, puisqu’il pense avoir fait tout son possible. Voici, issues de la pratique, les trois manières de ne pas craindre la mort.

Comment générer le chemin d’un être de niveau intermédiaire
Quand, voyant que toutes les « splendeurs » du samsara sont comme un feu ardent, le désir spontané de se libérer du cycle des existences est développé, le chemin d’un être de niveau intermédiaire a été généré dans son continuum.
Sans le désir d'atteindre la libération, nous n’essaierons pas de nous libérer du samsara. Sans contempler les souffrances des existences conditionnées, nous n’essaierons pas de nous en libérer. Pour cette raison, nous devons contempler la souffrance et alors, peu à peu, nous développerons le désir d’atteindre la libération. Par exemple, si un prisonnier ne pense pas aux problèmes qu'implique la vie carcérale, s'il apprécie de vivre en prison, il ne songe pas à se libérer. Par contre, s’il voit la souffrance causée par l'internement, il désire retrouver sa liberté. De même, si nous prenons plaisir au samsara et si nous n’en contemplons pas les souffrances, nous ne ferons aucun effort pour atteindre la libération.

Les souffrances du samsara
Même si nous obtenons une renaissance heureuse, nous serons encore soumis à la souffrance. Il y a plusieurs façons de classer les souffrances, on peut les diviser en trois, en huit, etc. Il existe aussi les souffrances particulières à chaque royaume. Nous, les êtres humains, avons aussi nos souffrances spécifiques. Il n’existe pas de bonheur ultime dans le cycle ses existences.
Nous subissons constamment trois sortes de souffrance :
La souffrance de la souffrance, que nous subissons dans notre vie quotidienne ;
La souffrance du changement, que nous prenons pour du plaisir ;
La souffrance omnipénétrante qui consiste à posséder constamment des agrégats contaminés.
La cause des agrégats contaminés sont les perturbations émotionnelles ; leur nature est souffrance. C’est parce que nous avons pris des agrégats contaminés, que nous faisons l’expérience de la souffrance du samsara. Notre situation est comme celle d’une personne nue, portant sur le dos un fagot de branches épineuses. Dès le fardeau posé, elle ne souffrira plus. De la même manière, si nous ne prenons plus d’agrégats contaminés, nous n’aurons plus à souffrir dans le samsara et nous atteindrons la libération.

Comment générer le chemin d’un être de niveau supérieur
Quand, ayant compris que la libération du samsara n'est pas un bienfait total (nos fautes n'étant pas complétement éliminées et nos qualités n'étant que partiellement obtenues) et ne profite aux autres que de manière limitée, et ayant réalisé qu’œuvrer uniquement pour son propre intérêt est semblable aux agissements des animaux, la pensée spontanée d’atteindre l’état d’omniscience afin de mener tous les êtres vivants vers un bonheur durable est développée, le chemin d’un être de niveau supérieur est généré dans le continuum du pratiquant.

Ainsi, afin de réaliser le chemin d’un être de niveau supérieur, il est indispensable de générer d’abord une forte aversion pour l’existence cyclique. Sans un tel renoncement, il est impossible de développer la grande compassion.
Shantidéva a dit :
« Si même, en rêve, ils n’ont jamais pu
Avoir ce désir pour eux-mêmes,
Comment les êtres pourraient-ils
Le développer pour autrui ?
»
Bodhicharyavatara Ch. I, Str. 24

Nous devons tout d’abord contempler notre propre souffrance, et, à travers cela nous comprendrons la souffrance d'autrui. Cette compréhension nous permettra de générer la compassion.
La compassion est la cause non-commune pour développer l’Esprit d’Eveil. Il y a deux manières de développer cet Esprit :
1. La pratique des six causes et un effet ;
2. S'égaliser et s’intervertir avec autrui.
Ces deux méthodes sont également appropriées ; elles diffèrent par la lignée.

Les six causes et un effet
Pour s’entraîner dans cette première méthode, il faut commencer par développer l’équanimité en contemplant deux personnes : l’ennemi et l’ami. Il faut penser que cet ennemi a été notre ami dans maintes vies passées et que notre ami actuel a été très souvent notre ennemi. S’il est difficile de penser aux vies passées, on peut réfléchir à l'incertitude des relations de cette vie, au fait que les amis deviennent des ennemis et vice versa.
Ensuite, contemplez que tous les êtres ont été nos mères. Pour ce faire, il faut penser que la continuité de notre esprit actuel provient de la continuité de l’esprit de l'enfant que nous étions. Celui-ci provient de la continuité de l’esprit de l'embryon conçu dans le ventre maternel. Or, cet esprit n’est pas sans cause. Sa cause ne peut pas être l’esprit de nos parents. L'esprit ne peut pas non plus provenir de la matière : étant clair et connaissant, il doit être produit par un moment de conscience antérieure. Ainsi, la continuité de l’esprit de notre foetus provient de l’esprit de nos vies antérieures, et ainsi de suite : c’est une histoire sans fin.
Par conséquent, pendant nos vies en nombre infini, nous avons eu une infinité de mères. Il n’existe donc aucun être sensible qui n’ait pu être notre mère à un moment ou un autre. Chaque être, ayant été notre mère, nous a chéris et aimés exactement comme le fait notre mère actuelle. Même les animaux et les autres êtres ayant des renaissances inférieures s’occupent très bien de leur progéniture ; ils les chérissent plus que leur propre vie.
Nous devons donc nous rappeler de la bienveillance de nos mères et leur rendre leur bonté. Pour ce faire, leur donner de la nourriture, des vêtements etc. n’est pas suffisant car les êtres sensibles sont illimités, et de toutes façons cela ne les satisferait pas pleinement. La meilleure manière d’aider les autres est de leur donner le bonheur ultime.
Pour l’instant, sous le pouvoir de l’ignorance, les êtres sensibles sont incapables d’accomplir leur propre bien. Si nous faisons des efforts, nous pouvons devenir capables de le faire pour eux. Aujourd'hui, nous n’avons pas le pouvoir d'être parfaitement bénéfiques ne serait-ce qu'à un seul être. Si nous le voulons, il nous faut atteindre l’illumination. Nous devons, par conséquent, générer un désir très fort d’atteindre l’illumination afin d’être bénéfiques à tous les êtres sensibles.
Les trois premières pratiques (voir tous les êtres sensibles comme nos mères, se rappeler leur bonté et désirer leur rendre cette bonté) servent à développer la capacité d’aider autrui. Sur la base de ces pratiques nous développons l’attitude qui considère tous les êtres avec sympathie.
Par « amour » on entend le souhait que tous les êtres sensibles puissent être heureux. On pense : « Comme ce serait bien si tous les êtres sensibles étaient heureux ! » Puis nous prenons la détermination de les établir nous-mêmes dans le bonheur.
La grande compassion est le souhait que tous les êtres sensibles puissent être libres de la souffrance et des causes de la souffrance. On pense : « Comme ce serait bien si tous les êtres sensibles étaient sans souffrance. » Puis nous prenons la détermination de les libérer nous-mêmes de la souffrance.
L’attitude spéciale est cette détermination irrévocable d’établir soi-même tous les êtres sensibles dans le bonheur et de les libérer de la souffrance.
L’esprit d'éveil (Tib. Bodhicitta) est l’effet des six pratiques précédentes. Ceci est donc la manière de générer la bodhicitta par la pratique des six causes pour un effet.

S'égaliser et s’intervertir avec autrui
Afin de voir autrui comme son égal et de s’intervertir avec lui, il faut commencer par développer l’équanimité. Maintenant, nous n’avons pas d’équanimité à cause de l’attachement et de l’aversion. Tous deux viennent de l’égocentrisme. Nous devons donc reconnaître l’égocentrisme comme une attitude négative et l’altruisme comme une attitude positive. Sur la base de ces deux pratiques, nous deviendrons capables de considérer les autres comme nos égaux et de nous intervertir avec eux. Nous avons en cela l’exemple du Bouddha Shakyamouni et de beaucoup d’autres grands Maîtres.
Que nous concevions que tous les êtres sensibles aient été nos mères ou non, ce qui importe est de les voir avec sympathie. Si nous en sommes capables, nous développerons progressivement l’amour qui souhaite les établir dans le bonheur, la compassion qui désire les libérer de la souffrance ainsi que l’attitude spéciale. Par ce moyen nous deviendrons capables de développer l’esprit d’éveil qui est la cause pour atteindre l’état insurpassable, parfait et complet de Bouddha.
Le développement de la compassion est atteint lorsque nous éprouvons le sentiment qu'éprouve une mère pour son unique enfant : lorsqu'il est malade, elle ne peut ressentir aucun bonheur, elle préférerait prendre cette maladie sur elle-même.
Ceci résume brièvement l’entraînement dans les chemins des êtres des trois niveaux.

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